‹ L'art musical dans ses rapports avec la physiqueChapitre 9 sur 21 · MODES GRECS ET DU PLAIN-CHANT · texte numérisé non relu

MODES GRECS ET DU PLAIN-CHANT

Le principe de tonalité($ 94) attribue à une même note, la tonique,

deux rôles différents.

La tonique est, avant tout, le son musical avec lequel les autres ont

la plus grande affinité ; c’est elle qui détermine le choix des autres sons.

En second lieu, la tonique est la note la plus grave et son octave la note la plus aiguë de la gamme dans l'étendue d’une octave : autre-

ment dit, c'est à partir de cette note qu’on considère la succession dés

intervalles. Pour affirmer ce caractère de note fondamentale, dans une mélodie on la ramène plus souvent que les autres et elle sert de finale aux diverses phrases (1).

Nous avons vu que la gamme diatonique majeure de Zarlin est conforme à ce principe. Dans la construction de la gamme minéure nous avons, au début, séparé les deux rôles de la tonique: reprenons en effet la succession d'intervalles (10-12)

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Si nous adoptons cette gamme telle quelle, /a est la note qui joue le

rôle de fondamentale, tandis que ut reste la note qui a servi à fixer les

‘autres sons. Mais l’idée de tonalité conduit à. retoucher un peu cette

gamme, de manière à renforcer le rôle du /a au point de vue de sa

parenté avec les autres sons ; malgré cela, la tonalité de la gamme mineure ne s'accuse pas dr nettement que celle de la gamme

(1) Dans l'harmonie, on affirme la tonalité par l’emploi des accords consonnants du ton et par l’ accord dit « parfait » (S 99) servant de finale.

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majeure. Le mode mineur « est né, pour ainsi dire, d’un compromis « entre les diverses exigences de la loi de tonalité et de l’enchaîne-

* « ment de la trame harmonique » (Helmholtz).

Tant qu'on a fait usage de la gamme de Pythagore, où les affinités sont établies de proche en proche, le sentiment du double rôle attribué aujourd’hui à la tonique ne pouvait guère se développer (1). A lapogée de la civilisation grecque, on se servait pour accompagner Île chant de lyres à 8 cordes, donnant entre les sons extrêmes l’intervalle d’octave, et dont les sons intermédiaires étaient ceux de la gamme à 7 sons de Pythagore.

Désignons par

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