CANDELABRA AUREA
Sur l'encadrement horizontal inférieur, on lit : Princi^iu. sine principio, finis sine fine. Tout l'esprit du siècle est dans cette originale conception.
Le fronton de Moissac va nous donner une autre image, plus régulière, mais tout aussi apocalyptique. Il est de même la traduction du chapitre iv de saint Jean (fig. 167).
« Après cela, ayant été soudain ravi en esprit, je vis un trône dressé dans le ciel et quelqu'un assis sur ce trône.
» Celui qui était assis paraissait semblable à une pierre de jaspe et de sardoine ; et il y avait autour de ce trône un arc-en-ciel qui paraissait semblable à une émeraude.
» Du trône sortaient des éclairs, des tonnerres et des voix, et il y avait devant le trône sept lampes allumées.
» Devant le trône, il y avait une mer transparente comme le verre et semblable au cristal ; au milieu et au bas du trône et autour, il y avait quatre animaux pleins d'yeux devant et derrière.
» Le premier animal ressemblait à un lion, le second était semblable à un veau, le troisième avait le visage comme celui d'un homme, et le quatrième était semblable à un aigle qui vole.
» Ces quatre animaux avaient chacun six ailes, et alentour et au dedans ils étaient pleins d'yeux, et ils ne cessaient de répéter : » Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu tout-puissant qui était, qui » est, et qui doit venir. »
« Et statim fui in spiritu : et ecce sedes posita erat in cœlo et supra sedem sedens.
» Et qui sedebat similis erat aspectui lapidis jaspidis et sardonychis : et iris erat in circuitu scdis, similis visioni smaragdina".
» Et de throno proeedebant fulgura, et voces, et tonitrua : et septcm lampades ardentes ante thronum qui sunt scptem spiritus Del.
» Et in conspectu sedis tanquam mare vitreum simile crystallo : et in medio sedis, et in circuitu sedis quatuor animalia plena oculis, ante et rétro.
Fig. 1G7. - Fronton Uc roglise de Moissac. (Lo Clirist entre les quatre évangélistes.)
» Et animal primum simile leoni, et secundum animal simile vitulo, et tertium animal habens faciem quasi hominis, et quartum animal simile aquilœ volanti.
» Et quatuor animalia singula eorum habebant alas senas : et in circuitu et intus plena sunt oculis et requiem non habebant die ac nocte dicentia : « Sanctus, sanctus, sanctus Dominus deus omnipo- » tens qui erat, et qui est, et qui venturus est. » {Apocali/psis beaii Joannîs apostoli, caput iv, v. 2 à 8.)
Les visions de Daniel et d'Ézéchiel revenaient, amplifiées par une imagination encore plus exaltée peut-être que celle des vieux prophètes.
C'étaient les mêmes mains sortant des nuages, les mêmes chars de feu passant dans les airs comme des éclairs do foudre, les mêmes
LES BYZANTLNS.
bêtes polycéphales, parlant un langage humain, les serpents, les drao-ons, les monstres de toute sorte voletant au-dessus des hommes et des choses et remplissant tout l'univers de leurs cris, de leurs hurlements ou du bruit de leurs multiples ailes.
Fig. 168. — Les quatre cvangélistos et la croix nimbée, d'après 1 evangéliaire de I.otliaire.
M, Renan prétend que les quatre animaux dont nous venons de parler représentaient, dans l'esprit de Jean, les organes de la vie universelle. Le moyen âge, qui ne voyait pas si loin, en a fait le symbole des quatre écangêlistes, dont il ne fut jamais question, du reste, dans la grande vision de Pathmos, et, pour tous les chrétiens, depuis lors, le lion a toujours servi de type à saint Marc, Y aigle à saint Jean, Vange ■<x saint Matthieu et le bœuf h saint Luc. (fig. 1G8, 1G9, 170).
Mais avec ces quatre figures, déjà passablement fantastiques,
survint alors un nombre incalculable de conceptions d'un surnaturalisme complètement asiatique. La Bête, la fameuse Bête envahit le monde, du nord au midi, du couchant à l'occident. Nous allons la trouver partout dans les églises du xf siècle.
Sur la façade de Notre-Dame-la-Grande, à Poitiers, deux horribles
Fig. 163. — Les quatre évangélistes, d'après le livre dos Evangiles de l'abbaye do Saint-Médard de Soissons.
dragons s'entre-dévorent pendant que d'indescriptibles compagnons les regardent en mordant des feuillages bizarres (fig. 171).
Dans ce même édifice, un peu plus bas, un oiseau, contourné diaboliquement, se ronge une patte en se glissant la tête entre les jambes (fig. 172).
Sur le tympan de la porte latérale de l'église de Marigny, dans le Calvados, des bêtes de la même famille que celles qui sont brodées sur les tapisseries orientales (pi. 3) se nourrissent du feuillage de l'arbre sacré des Hindous (fig. 172).
Ailleurs (Gaumont, p. 109 et 117), des guépards semblent s'apprêter à broyer, dans leurs gueules féroces, un enfant qui étend les
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bras et les jambes dans une position tout au moins singulière ; et plus loin des dragons, dont la queue se termine par des têtes d'aigle, menacent un homme qui s'efforce en vain de se défendre d'une aussi désagréable agression (fig. 173).
Fig. 170. — Les quatre évangélistes et la main divine, d'après l'abbé Corblet.
Les chapiteaux sont encore plus étranges que les tympans.
L'un de ceux du portail occidental de Saint-Sernin de Toulouse nous montre des lions, hauts sur pattes, qui enchevêtrent leurs jambes maigres dans des enroulements de plantes inextricables (fig. 174).
Celui de Sainte-Madeleine de Vézelay (même figure, t. II, Viollet-le-Duc, p. 490) a l'intention de reproduire des basilics, coqs à pieds palmés, en train de faire une pêche entièrement miraculeuse.
Nous ne nous chargerons pas d'expliquer l'acte auquel se livrent les chasseurs de grues de l'église de Déols, au Bourg-Dieu, près de Ghùteauroux, non plus que la nature des bestioles grimaçantes qui décorent les colonnes de l'église de Moissac (fig. 175).
Pour la femme aux mamelles pendantes, qui allaite deux espèces
Fig. iTl. - Bas-relief. Combat de dragons do la façade de Notre-Damc-la-Grande, à Poitiers.
de crocodiles à l'église de Saint-Nicolas d'Angers, elle ne trouve de pendant que dans les bas-reliefs de Thèbes et de Karnac, oii Bouto, la nourrice des dieux, prend également sous sa protection deux amphibies du Nil, cousins germains de ceux qu'imaginèrent, en ces temps merveilleux, les sculpteurs des bords de la rivière du Maine.
Il paraît que ce dernier symbole a la prétention de montrer aux chrétiens fervents la punition réservée aux dérèglements de la chair.
La chair, en tout cas, n'est vraiment pas ici bien appétissante.
Quant à analyser et à décrire l'entassement des monstruosités qui grouillent sur le chapiteau trouvé dans la crypte de Saint-Bénigne de Dijon (fig. 176), qui, paraît-il, est antérieur à la construc-
tion de l'abbé Guillaume ; quant à chercher à faire comprendre le combat acharné qui se livre sur la base des colonnes de l'église abbatiale du Vézelay (fig. 176), nous y renonçons complètement.
Fig. 172. - Tympan de la façade do Nofre-Damo-la-Grande, à Poitiers, d'après Viollct-lo-Duc. Tympan d'une porte latérale, à Marigny (Calvados), daprès M. de Caumont.
Quelles funestes pensées devaient hanter les cervelles des gens qui produisaient de telles œuvres !
C'était bien à Vannée de Gog et de Magog que rêvaient ces artistes terrorisés par les prédictions et les prédications de tous ces pharisiens hébraïques.
On ne peut expliquer autrement les monstruosités de leurs décorations monumentales.
Super aspidem et basiliscwn ambulabis et conculcabis leonem et draconem.
Fig. 173. — Types d'ornementation byzantine, d'après M. de Caumont.
On ne pouvait, en effet, faire un pas dans une église, à cette époque, sans marcher sur quelque reptile immonde et féroce.
Passe encore pour les simples griffons ou les honnêtes colombes à queue de serpent, qui broutent des feuillages ou boivent dans des calices (fig. 176) ; l'œil, au milieu de l'extravagance universelle qui s'était emparée de l'humanité, se repose avec tendresse sur ces symboles, au moins symétriques et réguliers.
LES BYZANTINS
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Mais si du Mans, oii se rencontrent ces oiseaux presque naturels, nous passons en Saintonge ou dans la Gascogne, nous retrouverons le culte de la bête encore plus vivant que partout ailleurs. Notre figure 177 reproduit l'assaut de deux guivres qui se mordent furieusement le corps en se tortillant d'une indicible manière. M. de Gaumont, auquel nous empruntons ce spécimen si caractéristique, le
Fig. 174. — Chapiteau du portail occidental de Saint-Sernin, à Toulouse. Chapiteau de leglise Sainte-Madeleine de Vézelay.
publie sans autre indication que celle de moulures du roman poitevin et saintongeois.
La bataille étrange qui accompagne, sur notre gravure, ces volatiles d'un monde extra-terrestre provient d'une frise, couronnant deux chapiteaux accouplés du cloître de Saint-Sernin, actuellement déposée au musée de Toulouse. La bête ici s'est emparée d'un homme qui fuit à travers des rinceaux oii rampent des lézards à pattes de lion, où volent des oiseaux aux ailes repliées. Des compagnons hardis essayent de le délivrer : l'homme commence à se défendre et cherche
à dompter son formidable ennemi. Nous touchons, à Saint-Sernin, au commencement du xii° siècle; la terreur devient moins grande à mesure que s'effacent les traditions apocalyptiques; le monstre disparaît en effet peu à peu.
Nous le retrouverons en Normandie (fig. 178), causant familièrement avec un personnage revêtu d'une saie, se laissant prendre à la gorge et conduire en laisse comme le diable de la rivière d'Élorn, que
Fig. 175. — Chapiteau de l'église do Déols, près de Châteauroux. — Chapiteau du porche de l'église de Moissae. — Chapiteau de l'église de Saint-Nicolas d'Angers.
menait si tranquillement le petit Riok, protégé de Derrien, à travers les villes de basse Bretagne (voir p. 83).
Enfin, à Langres (fig. 179), il se laisse tout bonnement tirer l'oreille sur les colonnes du triforium, au chœur de la grande cathédrale ; deux enfants le tiennent captif et le montrent en souriant à la foule.
La bête a perdu tout son prestige. Arrive la grande révolution naturaliste du xni° siècle, vous verrez qu'on en fera des caricatures ' !
l. En accumulant ici les documents qui nous ont semblé venir se placer d'eux-mêmes h la suite l'un de l'autre pour démontrer notre thèse, nous n'avons pas toujours suivi strictement toutes les dates ai'chéologiqucs. — Une influence artistique ne se fait jamais sentir en même temps sur
LES BYZANTINS
Si des monuments nous passons aux manuscrits, en reprenant la série qui commence à l'an mil, nous retrouverons le monstre aussi fringant que jamais, se livrant toujours à de nouvelles évolutions de plus en plus merveilleuses.
Fig. 175. — Chapiteau de la crypte de Saint-Bénigne de Dijon; — cliapiteau du Mans ; — autre chapiteau ; — grillons, d'après M. de Caumont. — Base de colonne de l'église abbatiale de Vézelay, d'après VioUet-le-Duc.
Dans les cuivres ajourés, disposés symétriquement sur la peau
la surface entière d'un territoire. — La position géographique d'une province la met quelquefois en retard, quelquefois en avance sur ses voisines : un homme parait, précédant de plusieurs siècles, par son intelligence supérieure, tous ses contemporains ; il a, sur le pays qu'il occupe, une puissance d'entraînement extraordinaire ; son nom, il est vrai, reste dans l'oubli; les historiens ne s'occiipant que des hauts faits des rois et des guerriers. Néanmoins, le rôle de cet homme a pu être immense, et, de par sa personnalité, l'art a fait sous son i-ègne un pas immense. — Ici, en plein xi» siècle, la sculpture a pu être déjà naturaliste, et là, à la fin du xii'', elle pouvait être encore byzantine. C'est pour cela que, dans ce classement, nous nous sommes moins préoccupé des dates que des faits. Nous avions à constater une influence et à en démontrer l'ensemble; là seulement s'est bornée notre ambition. Si nous faisons ici celte remarque, c'est pour avertir le lecteur qu'il nous arrivera quelquefois par la suite de procéder de la même manière.
Une étude synthétique peut se permettre certaine liberté de mouvement que ne comporte jamais la simple analyse.
de truie qui sert de couverture à la fameuse bible de Souvigny, aujourd'hui conservée à la bibliothèque de Moulins, l'éternel dragon que nous avons vu dans toutes nos cathédrales s'enroule encore, dans les mêmes feuillages, avec sa frénésie habituelle, mordant,
Fig. 177. — Moulure romane, d'après M. de Caumont. — Chapiteau du cloître de Saint-Seniin de Toulouse,
d'après Viollet-le-Duc.
suçant, grinçant, grimaçant de plus belle ; à Souvigny, il a déjà une compagne : c'est la sirène à pattes de lion, presque aussi fantastique que lui-même (fig. 180).
Sur une autre couverture, confectionnée cette fois avec des tablettes d'ivoire jadis conservées à la Grande-Chartreuse de Grenoble (fig. 181 et 182), des bêtes féroces s'entre-déchirent de même au milieu de rinceaux, ayant beaucoup d'analogie avec ceux de Saint-Sernin de Toulouse. Ici, comme nous avons peut-être sous les
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yeux une œuvre provenant directement de Constantinople (les ivoires se transportant facilement d'un bout à l'autre du monde), nous ne nous étonnerons pas de rencontrer l'extravagance dans son épanouissement le plus complet. Les torsions des bêtes sont inénarrables. Le moindre oiseau devient diabolique dans la plus forte acception du mot. Tout, jusqu'au placide lapin qui se voit au bas du dessin, affecte une allure sans apparence aucune de recherche d'imitation naturelle. Et pourtant les sujets qu'accompagnent ces féroces batailles ne comportent guère une décoration aussi compliquée, aussi tourmentée; car les médaillons de la figure 181 représentent tout simplement l'histoire du roi David, et ceux de la figure 182 les œuvres de miséricorde '.
Il n'y avait certes pas là matière à l'exhibition de toute cette ménagerie saugrenue ; mais la seule source à laquelle l'art du xf siècle puisait ses inspirations s'appelait alors le Puits de l'abîme.
Si nous n'avions tout ce qui précède, l'étude seule de l'ornementation proprement dite nous conduirait au même résultat, c'est-à-dire à la constatation d'un trouble évident dans les esprits et d'une préoccupation, que nous ne pouvons qualifier que d'apocalyptique, dans les âmes.
1. La première plaque d'ivoire de la Bible des chartreux contient six médaillons :
10 David combattant un lion et un ours. — David, Léo, Ursus.
2» David sacré par Samuel. — Samiœl Bethléem ungitur David,
3" David combattant le géant Goliath. — David, Goliaz.
4" David recevant du grand prêtre Achiméicch, en présence de l'Idumécn Doeg, la lance et l'épée de Goliath. — David, Doeg.
5» David faisant pénitence à la voix du prophète Nathan. — David ego peccavi altare nata.
6" David chantant les louanges du Seigneur. — Dans les intervalles des médaillons se voient les combats de la Foi contre Vldolàtrie, de l'Orgueil contre VHumililé, de la Force, en armure complète, contre l'Avarice, flanqués dans les angles; des figures parmi lesquelles se distinguent l'Espérance et la Charité, la Justice, la Concorde, et la Lenteur enfin, Tardilas, qui étend les bras nonchalamment au-dessus de l'emblème du Courage.
La seconde plaque a, de même, six médaillons réguliers, interprétation des textes suivants :
l» J'avais faim et vous m'avez donné à manger. — Esurivi et dedislis manducare.
2» J'avais soif et vous m'avez donné à boire. — Sitivi et dedislis mihi bibere.
30 J'étais errant et vous m'avez logé. — Hospes eram et collegistis me.
4» J'étais nu et vous m'avez habillé. — Nudus et coopervistis me.
50 J'étais infirme et vous m'avez visité. — Infirmus et visitastis me.
6» J'étais prisonnier et vous êtes venu jusqu'à moi. — la carcere et venistis ad me.
Les bandeaux du musée de Toulouse (fig. 183), que Violletle-Duc compare à des bordures de tapisseries byzantines, s'enchevêtrent dans des entrelacs rectilignes et curvilignes avec une sorte de rage. L'entortillement dans le décor est la conséquence du fantasmagorique dans le sujet.
Les vignettes de la Bible latine de Londres (fig. 184) sont pleines
Fig. 178. — Chapiteau roman, d'après JI. de Caumnnt.
des contorsions incompréhensibles d'un oiseau qui n'a de nom dans aucune langue.
L'homme, lui-même, quand les artistes du xi° siècle tentent de le reproduire, a quelque chose de bestial, qui dépasse toutes les bornes d'une imagination surexcitée par des visions maladives.
A Souvigny encore, sur un monument que M. de Caumont a fait mouler pour le transporter dans le musée de la Société archéologique de Gaen, nous trouvons le satyre à pieds do bouc, Vimipède, la sirène à queue de poisson, le manicorne à tête de femme, le griffon, l'éléphant, la licorne et le caméléon ; puis tous ces êtres inhumains appartenant à cette famille zoologique supernaturelle, qui finit par s'acclimater parmi nous à cette époque néfaste.
Le rêve étant l'état habituel de l'humanité, après l'an mil, le
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monde fut véritablement livré k l'esprit infernal. Tous les diables d'enfer avaient été déchaînés et déclaraient à la raison une guerre à outrance '.
Fig. 179. — Colonnes accouplées du ch-œur de la cathédrale de Langres. — Corniche byzantine
do la cathédrale du Puy.
Jusque dans les plus petits meubles, on trouve la trace de cette
1. Nous publions un alphabet copié sur les manuscrits dont nous venons de parler. Les lettres romaines commencent à disparaître et se trouvent remplacées par les caractères qui feront plus tard partie de ce que l'on appela si improprement l'écriture gothique. Comme transition, cet alphabet est assez curieux : c'est pour cela que nous avons tenu à en présenter ici un exemple entièrement calqué sur les livres du temps (fig. 185).
influence du rêve ; nous n'en voulons donner pour preuve que les « chandeliers » publiés par le R. P. Arthur Martin, dans le savant recueil qu'il intitule : Mélanges d'archéologie.
Ceux de la figure 186 proviennent des cabinets de MM. Garraud
et Desmottes. Ceux de la figure 187 appartiennent à la collection de M. Dugué.
C'est encore la bête dans toute sa gloire triomphante.
Le célèbre archéologue auquel nous empruntons ces exemples a donné de tous ces ustensiles une explication très lumineuse. Nous, nous ne ferons que l'indiquer ici, sans oser l'apprécier ni la critiquer aucunement. Cette bête des chandeliers, selon lui, serait la représen-
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tation de Nidoggr, un dragon de VEdda qui a pour rôle, enfermé qu'il est dans la nuit du gouffre éternel, de ronger sournoisement les racines de l'arbre de vie, la colonne de la création, le frêne Igdrasil.
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