‹ L'art nationalChapitre 18 sur 88 · WM · texte numérisé non relu

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Fig. isi. — Tablette d'ivoire servant de couverture à un manuscrit du xie siècle, conservé à la Chartreuse de Grenoble. {Histoire de David.)

Mais l'arbre de vie renaît sans cesse, fleurissant aux étoiles, ce que symboliserait le lotus ouvert qui s'épanouit au sommet de nos candélabres, et qui était destiné à recevoir le flambeau de cire qui éclairait dans ce monde les enfants des Ases ressuscites, dans l'autre.

Va pour Igdrasil et Nidoggr; nous n'y voyons nul inconvénient.

Mais ce que nous tenons à constater simplement, c'est que, même dans les objets les plus usuels, la figure de la fameuse Bète, qui régnait alors en souveraine sur le monde, se montrait encore, comme

Fig. 182. — Tablette d'ivoire servant do couverture à un manuscrit du xie siècle, conserve à la Chartreuse de Grenoble. (Les Œuvres de Miséricorde.)

sur les livres, sur les étoffes, sur les chapiteaux, dans les frises et jusqu'aux frontons saints des cathédrales.

Dans a le manifeste symbolique, » envoyé par Jean aux sept Eglises d'Asie, outre le lion, le bœuf ou Vaigîe, outre les chevaux qui bondissent à l'ouverture des sept sceaux du livre mystérieux et les

LES BYZANTINS

sauterelles à cuirasse de fer qui s'envolent de l'orifice du puits entr'ouvert par l'ange, au son des grandes trompettes embouchées par des chérubins gigantesques ; outre le Draco ru fus et niagnus, bête à sept tètes couronnées, qui sort de la mer semblable à un léopard, avec des pieds d'ours et une gueule de lion : sùnilis pardo, et pedes ejus sicut pedes ursi et os ejus sicut os leonis ; outre celle qui naît de la

Fig. 183. — Ornementation byzantine de Toulouse, de Saintonge et du Puy-en-Velay.

terre et parle comme le dragon, « de terra ascendentem qui loquebatur sicut draco; » outre le monstre enfin, couvert de noms de blasphème, qui porte sur son dos mulier circumdata purpura et coccino, inaurata auro et lapide pretioso et margaritis, « la femme vêtue de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de perles et de pierres précieuses ; » dans ce manifeste symbolique, il y a encore un autre animal, plus doux, cette fois, mais plus mystérieux encore, dont les sculpteurs et les peintres du moyen âge ont fait le grand symbole du Christ ; nous voulons parler de V Agneau, « Agnus Dei, » qui a racheté par sa mort les péchés d'Israël.

Dans V Apocalypse, ce simple Agneau est doué d'une puissance surhumaine : « Et vidi : et ecce in medio throni et quatuor animalium, et in medio seniorum Agnum stantem tanquam occisum,

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Fig. 184. — Fragments de vignette de fa Bible latine de Londres. Figures do Souvigny (Allier) et de Parizo-le-Châtel (Nièvre).

habentem cornua septem et oculos septem, qui sunt septem spiritus Dei, missi in omnem terram. »

« Et je vis au milieu du trône, des quatre animaux et au milieu des vieillards, un Agizeau qui était debout et comme égorgé, et qui avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. » [Apocalypsis ^ cap. v, v. G). « Et vidi : et ecce Agnus stabat supra montem Sion, et cum eo centum quadraginta quatuor millia habentes nomen ejus et nomen patris ejus scriptum in frontibus suis (fig. 188). » — a Et je vis V Agneau debout sur la montagne de

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Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes qui avaient son nom et le nom de son père écrits sur le front. » [Apocalypsis, cap. XIV, V. 1.)

C'est à lui que toute créature aérienne ou terrestre, souterraine ou maritime, doit rendre hommage dans les siècles des siècles : « Omnem creaturam quœ in cœlo est et super terram et sub terra, et quse sunt in mari. » [Apocalypsis, cap. v, v. 13.)

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