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Fig. 185. — Alphabet roman byzantin, d'après les manuscrits de 1 époque.
Il est armé pour la bataille et dompte tous ses ennemis. <( Hi cum Agno pugnabunt et Agnus vincet illos, quoniam Dominus dominorum est et rex regum et qui cum illo sunt vocati electi et fidèles. »
« Ils combattront contre V Agneau et l'Agneau les vaincra, parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le roi des rois, et ceux qui sont avec lui sont les appelés, les élus et les fidèles. » [Apocali/psis, cap. xvi, V. 14.)
Puis alors, après la victoire, il récompensera les siens et leur donnera à leur tour la domination sur toute la terre. « Et fecisti nos Deo nostro regnum et sacerdotes : et regnabimus super terram. » — « Et vous nous avez fait rois et prêtres pour notre Dieu, et 7ious régnerons sur la terre. » [Apocalypsis, cap. v, v. 10.)
Cet Agneau possède une fiancée, qu'il épouse solennellement à la
fin du poème : c'est l'Église. Et tous ceux qui ne sont pas, avec lui, enivrés du vin de la colère de Dieu, sont précipités dans l'étang de feu et de soufre devant les saints anges et devant l'Agneau.
« Et hic bibet de vino irae Dei, quod mistum est mero in calice irœ ipsius et cruciabitur igné et sulfure, in conspectu angelorum sanctorum et ante conspectum Agni. » {Apocalypsis, cap. xiv, v. 10.)
Devant cette orgueilleuse image de la domination universelle de
Fig. 186. — Chandeliers en bronze et en cuivre provenant des cabinets de MM. Carraud et Desmottes. {Mélanges d'archéologie des PP. Cahier et Martin.)
l'Église, les autres symboles du Christ deviennent bien peu de chose; mais, comme nous tenons à expliquer autant que possible l'iconographie qui prit naissance à cette époque, nous allons les passer en revue sommairement. Il y a : 1° le pélican (fig. 188), qui, d'après les croyances populaires, se perçait le flanc pour nourrir ses petits.
2° Le phénix, signe de la résurrection, oiseau merveilleux qui sortait vivant de son bûcher.
3" La colombe, qui, d'après la Bible, indiquait la rénovation de la terre après le déluge et, d'après l'Évangile, l'esprit céleste venant délivrer l'ancien monde de la barbarie, en descendant sur la tête de Jésus au jour de son baptême dans le fleuve du Jourdain.
LES BYZANTINS
4" Le poisson, surtout en usage à l'époque des catacombes, parce qu'il offrait dans son nom grec 'l/Oi; les cinq lettres initiales de cette phrase : 'It|TOJç XpicTôç, ôsoci Té6;, iloix-z-p, « Jésus-Ghrist, fils de Dieu, sauveur. »
Tout cela s'efface devant la gloire de V Agneau, que M. Renan
Fig. 187. — Chandoflers en cuivre de la collection de M. Dugué. {Mélanges d'archéologie des PP. Cahier et Martin.)
regarde simplement comme un descendant direct de l'agneau pascal de l'ancienne loi. [A^itéchrist , p. 117.)
Ordinairement, cet Agneau est accompagné de deux lettres mystérieuses A et O, qui sont encore le ressouvenir du curieux livre de saint Jean. Il y est dit, en effet, au verset 8 du chapitre i" : « Ego sum A et Q, principium et finis, dicit Dominus meus, qui est, et qui erat, et qui venturus est omnipotens. »
« Je suis Vaïpha et Vomêga, le principe et la fin, dit le Seigneur mon Dieu, qui est, qui était, et qui doit venir le Tout-Puissant. » [Apocalypsis, cap. i, v. 8.)
Et dans le chapitre vingt et unième, au verset 6 : (( Et dixit mihi : Factum est : Ego sum A et Q, initium et finis; ego sitienti dabo
Fig. 188. — Symboles divins : le Pélican, l'Agneau, le Phénix, les Oiseaux, la Colombe nimbée.
de fonte aquee vitee gratis. Qui vicerit possidebit hœc, et ero illi Deus, et ille erit mihi filius. »
Il me dit encore : « Tout est accompli ; je suis Vaïpha ei Vomêga, le principe et la fin; je donnerai gratuitement à boire de la source d'eau vive à celui qui aura soif. Celui qui sera victorieux possédera ces choses, et je serai son Dieu; et il sera mon fils. » [Apocalypsis, cap. XXI, V. 6.)
Les monogrammes du Christ, X. P. (XpwTôç), sont presque toujours accompagnés de ces deux mêmes lettres ; nous les avons trouvés également sur les tombes gallo-romaines des premiers siècles du christianisme (v. t. I", p. 507 et 508).
LES BYZANTINS
Nous les revoyons ici sur les coffres de pierre des cimetières carlovingiens (fig. 190 et 191).
Il faudrait un chapitre entier pour expliquer le sens et l'origine de ces monogrammes ; contentons-nous d'en figurer ici quelques-uns,
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Fig. 189. — Inscriptions avec poissons et colombes, d'après M. de Caumont. — Agneau nimbé, symbole du Christ.
en en donnant la plus simple des explications. Notre série (fig. 192) est prise dans les manuscrits du x" siècle et sur les peintures des catacombes.
I. II. S. est le chiffre de Jésus : IHESVS, dès le x" siècle. C'est celui que les jésuites ont remis en honneur à la fin du xvi° siècle, en ajoutant sur l'H une croix triomphale.
X. P. S. signifie Christos soter. Il se trouve sur le labarum de Constantin.