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On compte à Chartres jusqu'à 6,000 statues

de ces grands édifices ; les contours s'affinent, les profils se détachent en silhouettes harmonieuses; tout ce monde semble s'agiter et vivre, tant il est naturel, dans la plus grande acception du mot.

Certes, oui, la révolution artistique du xnf siècle fut surtout naturaliste^ et c'est peut-être pour cela qu'on ne l'aime pas beaucoup en haut lieu et qu'on cherche à la déconsidérer avec un acharnement particulier.

Le naturalisme est la négation du mysticisme, et le mysticisme règne désormais partout en maître dans l'art religieux moderne. « Le clergé lui-même, dit Viollet-le-Duc, méprise ces prophètes rêveurs qui, lorsqu'on les examine un peu longtemps, vous embarrassent comme un problème. S'il mit tant de zèle jadis à les détruire, c'est qu'ils étaient comme les dénonciateurs permanents de l'état d'avilissement oîi tombait cet art italianisé du haut en bas. — Quand les chapitres et les abbés du dernier siècle, c'est toujours l'auteur du Dictionnaire raisonné que nous citons, jetaient bas les œuvres d'art des beaux monuments du moyen âge, ils rendaient à ces œuvres le seul hommage qu'ils fussent désormais en état de leur rendre ; ils ne pouvaient souffrir qu'ils fussent les témoins des platitudes dont on remplissait alors les édifices religieux. C'était la pudeur instinctive de l'homme qui, livré à la débauche, raille et cherche à disperser la société des honnêtes gens. Les statues pensives et graves de nos portails n'étaient bonnes qu'à envoyer de mauvais rêves aux abbés de salon ou à ces chanoines qui, afin d'augmenter leurs revenus, vendaient les enceintes de leurs cathédrales pour bâtir des échoppes. »

Aujourd'hui encore, une partie du clergé français ne voit qu'avec défiance se manifester l'admiration pour la bonne sculpture du moyen âge : il y a là-dedans des hardiesses, des tendances indépendantes, fâcheuses. Ces figures de pierre ont l'air trop méditatif; on aime mieux les saints à l'air évaporé, au geste théâtral, ou les Vierges ressemblant à des bonnes décentes, ou les anges affadis, et toutes ces pauvretés auxquelles l'art est à peu près étranger, mais qui, ne disant rien, ne compromettent rien. » [Dictionnaire, t. VIII, p. 146.)

Nous, nous réserverons quand même, malgré tous et contre tous,

notre admiration pour « la seule époque de notre histoire oii les artistes affranchis ont su trouver en architecture des méthodes et des formes toutes nouvelles, ont su élever une école de sculpteurs qui ne sont ni grecs, ni byzantins, ni romans, ni italiens, ni quoi que ce soit

Fig. 418. — La Visitation. Statues de la cathédrale de Chartres.

qui ait paru dans le champ des arts depuis le siècle de Périclès, qui puisent dans leur propre fonds, en détournant les yeux du dogmatisme en fait d'art. »

Pour qui prétend maintenir en tutelle Tintelligence humaine, comme une mineure trop prompte à s'émanciper, il est clair qu'un tel précédent dans l'histoire d'un peuple doit être considéré comme un

l'art national. — II.

écart funeste. Gela est logique ; mais il est plus difficile d'expliquer comment il arrive que nombre de personnes en France, dévouées, prétendent-elles, aux idées d'émancipation, et qui croient en protéger l'expression, ne voient dans nos arts du xnf siècle que des produits maladifs, étouffés sous un ordre social oppressif, qu'un signe d'asservissement moral. Asservissement à quoi? — On ne le dit pas clairement. — Est-ce à la théocratie? Jamais noyau d'artistes n'a su mieux que nos imagiers du xnf siècle manifester l'indépendance de l'idée; car, derrière le sujet religieux ou historique, se cache toujours la pensée et l'expression philosophique.

Est-ce à la féodalité? Certes, les grands, les forts, les puissants, n'ont jamais été plus hardiment montrés vaincus par l'éternelle justice.

Foulez les cendres refroidies de la féodalité et de la théocratie, si bon vous semble; il n'y a pas grand péril, car vous savez qu'elles ne sauraient se réchauffer. Mais pourquoi écraser du même talon le système oppressif et ceux qui ont su les premiers s'en affranchir, en réagissant contre l'énervement intellectuel au moyen âge? Cela est-il équitable, courageux et habile?

« Le monument religieux était à peu près le seul où l'artiste pouvait exprimer ses idées, ses sentiments; il le fait d'une façon indépendante, hardie même ; il repousse l'hiératisme qui s'attache toujours à une société gouvernée par un despotisme quelconque, théocratique ou monarchique. Pourquoi lui refuseriez-vous ce rôle de précurseur dans la voie de l'émancipation de l'intelligence? » [Dictionnaire de V Architecture, i. y \\\,^. 145.)

Oui, salut à ces précurseurs; le mot du maître les caractérise noblement. Ils étaient des révolutionnaires. A voir ceux qui les dénigrent de nos jours, on le comprend assez; notre strict devoir est donc de les défendre et de les aimer.

Ils furent, bien plus qu'on ne le croit généralement, les vrais pères de nos artistes de la Renaissance du xvf siècle : un jour peut-être nous sera-t-il donné de le démontrer avec preuves à l'appui.

En attendant, rien ne parviendra à refroidir notre profond enthousiasme pour les cathédrales et pour leurs auteurs.

On pourra tourner en ridicule ce que l'on taxera peut-être de naïveté de notre part. Peu nous importe ! Pour nous, ces magnifiques conceptions resteront les grands sphinx du passé, comme les appelle le poète, toujours bonnes à consulter, à méditer, à relire, compréhensibles seulement à ceux qui savent leur arracher leur secret.

Aujourd'hui, sous ces portiques d'un autre âge, d'après le mot

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Fig. 419. — Couronnes de statues du xiii» siècle. Clovis à Reims. Clovis à Corbeil. Philippe V à Saint-Denis.

Constance d'Arles à Saint-Denis.

Notre-Dame à Amiens. Louis le Gros à Saint-Denis.

de Chateaubriand, « de petits hommes inconnus se promènent comme des pygmées; sur leur front dur respirent l'égoïsme et le mépris de Dieu. Ils ont perdu et la noblesse de l'habit et la pureté du langage. On les prendrait non pour les fils, mais pour les baladins de la grande race qui les a précédés. » [Génie du Christianisme, p. 334.) Nous ne les confondrons jamais avec les francs-maçons du xuf siècle, et nous continuerons à voir dans Notre-Dame le géant de Lilliput dormant au milieu des hauts et des bas talons de Mildendo; ou mieux le grand Pantagruel, en l'île de Papefiguière, cachant, comme la Philosophie inscrite au pied du Christ de la porte du Jugement, son front dans les nuages.

Le retour à la nature marque d'un cachot indélébile toutes les manifestations de l'art à l'époque du xm^ siècle.

Nous venons de voir cette sage réaction se formuler en peinture et en sculpture pour la représentation constante des personnages évangéliques et même bibliques, costumés en bourgeois contemporains, vivant pour ainsi dire de la vie du temps. Elle s'était signalée en ornementation par l'introduction permanente dans les frises, les chapiteaux et le reste, d'une flore empruntée spécialement à la végétation locale. Dans les arts inférieurs, tels que l'orfèvrerie, la serrurerie, l'émaillerie, nous allons la rencontrer toujours fidèle à ce goût du vrai, ne choisissant ses motifs que dans ce qui l'environne et rejetant au loin pour toujours le convenu romain et le surnaturel de Byzance. Constatons l'influence de cette tendance universelle alors, par un examen rapide des couronnes, des crosses, des calices, des coffrets et des grilles de cette époque.

Les rois de France, au moment des croisades, se ceignaient encore la tète, dans les circonstances solennelles, d'un diadème assez semblable à celui d'Eudes d'Aquitaine, publié par nous à la page 58 du présent volume; on peut s'en convaincre en examinant le buste authentique de saint Louis que nous donnons à la fm de ce chapitre. Mais les sculpteurs des cathédrales, libres, nous ne saurions trop le répéter, de toute tradition ou convention surannée, inventèrent alors des parures bien différentes et décorèrent, selon leur goût propre, les personnages souverains en chargeant leurs fronts de feuillages d'une délicatesse qui n'avait plus rien de mérovingien. A Reims, Glovis porte un cercle d'or surmonté d'enroulements d'un travail exquis, d'une composition charmante. A Gorbeil, ce même prince est coiffé de fleurs de lis plus naturelles qu'héraldiques. Les fleurons des diadèmes des rois de l'abbaye de Saint-Denis sont tous copiés sur des feuilles d'érable, de chêne, de passiflore, d'ancholie, de chélidoine ou de trèfle, scrupuleusement interprétées. La troisième couronne de notre figure 419 en est un exemple frappant : c'est celle de Philippe V.

Au-dessous, nous donnons, pour continuer une démonstration

plus facile à dessiner qu'à écrire, des spécimens pris, le premier sur la tête de Constance d'Arles ; le second, sur celle de Notre-Dame d'Amiens; le troisième, sur le chef de Louis le Gros' .

C'est la fleur vivante, c'est la feuille toute fraîchement cueillie, qui sert de modèle à nos artistes.

Les crosses elles-mêmes, ces fameux bâtons de pasteur qui n'a-

Fig. 420. — Crosses de l'abbaye de Saint-Mauricc-en-Valois. Crosses de Sens et d'Angers. Crosses de Barthclemi de Vie.

valent jusque-là représenté que le combat du dragon contre la croix (voir fig. 225, p. 283), commencent à s'épanouir en enroulements d'une grâce et d'une efflorescence toute délicate. Le Père Arthur Martin, qui constate, non sans un certain regret, cette apparition du végétal dans les sceptres des prélats, veut y trouver le symbole du miracle d'Aaron qui vit fleurir sa verge plantée au milieu des bâtons

1. On sait que les figures de Constance d'Arles et de Louis le Gros ont été refaites sous saint Louis, pour être replacées à Saint-Denis sur les tombes des prédécesseurs du pieux roi, lors de la splendide restauration qu'il fit de ce sanctuaire.

stériles des chefs des douze tribus d'Israël. « Et turgentibus gemmis eruperunt flores qui foliis dilatatis in amygdalas deformati sunt. » C'est creuser un peu trop son sujet. Les orfèvres du xiii® siècle n'y mirent pas tant de subtilité ; ils étaient plus nature que ne le croit le célèbre auteur des Mélanges. La délicieuse volute de Saint-Mauriceen-Valois, celles du trésor de Sens ou du musée d'Angers, celle enfin

Fig. 421. — Calice de saint Rémi, conservé au trésor de Reims. Calice de Biville (Manche).

du fondateur de la cathédrale de Laon, Barthélemi de Vie (fig. 420), sont là pour le prouver surabondamment.

La mode, ou plutôt le sentiment réel du beau, qui imprégna tout alors de son souffle fécondant, poussait le moindre ouvrier ciseleur ou manieur de métal à choisir ses types plutôt dans le jardin qui entourait sa demeure, comme le firent jadis ses pères, que dans les traditions étrangères scolastiquement imposées dans les classes et les ateliers monastiques.

Les calices eux-mêmes et les vases sacrés revenaient aux formes adoptées primitivement par les confrères de saint Éloi (fig. 421): celle de l'éternel lotus, corolle simple des religions antiques. Il suffit, pour

s'en rendre compte, de rapprocher la coupe de saint Gozlin, publiée par nous à la page 207, figure 1G2, du fameux vase de saint Rémi (fig. 421), qui figura si longtemps à la Bibliothèque nationale et se trouve maintenant dans le trésor de Reims ; et surtout du calice conservé en Normandie, dans la commune de Biville, et qui, d'après une tradition constante, fut donné par saint Louis au bienheureux Thomas

Fig. 422. — Croix conservée à l'Hôtel-Dieu de Troyes. Croi.x en vermeil de 1 église d'Orval (Cher), donnée par saint Louis au seigneur d'Orval.

Hélie, mort en odeur de sainteté dans cette commune, en 1253 : même galbe, même tournure, même pureté de contour. Décidément, nous revenons en tout à la Gaule.

Les croix d'autel, semblablement, au lieu d'affecter la forme pattée, ancrée ou potencée d'autrefois, se fleuronnent et se couvrent d'enroulements d'une élégance toute nouvelle. Nous en donnons plusieurs exemples dans les figures 422 et 423.

Puis tout cela se couvre d'émail brillant, coloré, tricolore.

Les vieux champleveurs de Limoges ne pouvaient manquer de répondre à l'appel des confrères en train de faire revivre partout l'art français, l'art gaulois, l'art national.

Les croix de la figure 422 sont couvertes d'ornementations délicieuses, creusées dans l'or, le cuivre ou l'argent, et chargées de fleurettes bleues, rouges et blanches, d'un effet merveilleux. Celle de Troyes, fabriquée par le frère prieur de Frober, maître de la Maison- Dieu, détache son mouton blanc, nimbé de pourpre, sur un fond couleur de ciel. Les chandeliers de Dijon (fîg. 423) laissent entrevoir.

Fig. 423. — Croix d'autel do Laon, au musée du Louvre. Chandeliers des musées de Ncvers et de Dijon.

au milieu de têtes charmantes, des écussons à la croix d'argent, sur fond de gueules, écartelés d'hermine ou mi-parti de cotices d'azur.

Mais c'est surtout dans le coffret donné par Philippe le Bel à l'église de l'abbaye de Notre-Dame-du-Lis, près de Melun, et qui contenait, dit-on, le cilice de saint Louis, que les émailleurs du xuf siècle . ont donné la note exacte de leur habileté profonde en fait de décor chatoyant. On peut voir aujourd'hui ce coffret dans la galerie d'Apollon, au Musée du Louvre (fig. 424).

C'est une cassette en bois do hêtre, longue de 0'",74, large de 0'",18 et haute de O'^JS, surmontée d'un couvercle dont la

LA RENAISSANCE DU Xllb^ SIÈCLE.

saillie forme entablement ; elle est enduite sur toutes ses faces d'un vernis vert foncé, que fait briller une feuille d'argent placée dessous, de manière h lui donner l'air d'une laque de Chine. On y compte

Fig. 424. — Coffret ayant contenu le ciliée de saint Louis; musée du Louvre.

quatre-vingt-huit pièces d'applique émaillées, gravées, ciselées ou repoussées, et une infinité de clous dorés, qui ornent d'enroulements

Fig. 425. — Coffret de voyage du xiiie siècle ; d'après VioUot-le-Duc.

les espaces intermédiaires; parmi ces pièces, il y a quarante-trois écussons armoriés et coloriés en émail. Les armes de France et de Gastille y sont figurées vingt-quatre fois ; les autres écus représentent les blasons des parents ou alliés du roi, ou de ceux qui lui étaient les plus chers parmi les barons qui s'étaient croisés avec lui et qu'il

avait adoptés pour frères d'armes. Ce sont les tours de Gastille, les croix de Toulouse et de Jérusalem, les léopards d'Angleterre, les hermines de Bretagne, etc. Vingt-quatre médaillons en cuivre, travaillés de diverses manières, alternent avec les blasons. Quatre encoignures émaillées, aux armes de Gastille, consolident l'assemblage des côtés de la cassette. Les quatre angles du couvercle sont aussi garnis de coins émaillés, dans lesquels s'enchâssent de gros cabochons de cristal, sertis sur des paillons de clinquant pourpre : un énorme dragon, aux yeux d'émail, tient dans sa gueule le loquet ou moraillon qui s'abaisse sur le trou de la serrure, rappelant la fiction des fantastiques gardeurs de trésors, si communs dans les récits populaires du moyen âge. La poignée de la cassette, enfin, est formée d'anneaux imitant le corps d'un reptile et terminée par deux têtes de serpent.

Ce joyau, assez fantasmagorique pour plaire à un roi, assez naturel pour porter la signature d'un émailleur du pays, était digne en tout point de figurer dans le trésor de la Sainte-Chapelle du Palais.

Les serruriers eux-mêmes, ces robustes batteurs de fer, contournèrent alors si délicatement leur dur métal, qu'on attribua, nous l'avons vu plus haut, la conception et même l'exécution de leurs chefs-d'œuvre à des êtres diaboliques.

Le petit coffre de voyage de la figure 425, les pentures de la porte d'Orcival, dans le Puy-de-Dôme (fîg. 426), et surtout la grille de l'église de Braisnes, près de Soissons (fig. 427), nous donnent une idée sommaire de leur talent. Ils ont fait des progrès depuis le xu" siècle ; leur amour de l'imitation végétale s'accuse par des efforts incessants couronnés de succès.

Les volutes de leurs solides ornements deviennent d'une extrême élégance; toutes les brindilles de leurs enroulements, délicieusement contournés, se terminent par des feuillages découpés avec une finesse remarquable ; eux aussi entrent en plein dans le grand mouvement.

Nous ne parlerons pas des manuscrits, nous réservant de traiter la chose ailleurs; mais, selon notre habitude, nous donnerons ici l'alphabet gothique du xni® siècle dans sa forme la plus complète : grandes capitales, lettres majuscules et cursive ordinaire. Cet alphabet est

celui qui se conserva pur de toute intervention romaine ou grecque, jusque dans les incunables du commencement du xvi^ siècle (fig. 428).

Fig. 426. - Porte ferrée de l'église d'Ormal (Puy-de-Dôme;; d'après M. de Caumont.

Les paveurs enfin, et tous les ouvriers de terre, subirent l'influence de l'art nouveau et de son goût marqué pour les fleurs. Ils

incrustèrent dans leurs briques molles des terres de couleur, en façon de marguerites, de roses, de primevères; firent cuire à grand feu leurs poteries et obtinrent facilement un décor d'une richesse inouïe, qu'ils étendirent sous les pieds des fidèles dans toutes les chapelles des cathédrales. Splendides tapis, qui n'ont plus rien d'oriental et font rêver plutôt aux gazons diaprés de fleurettes variées qu'on rencontre

Fig. 427. — Grilles de Icglise de Braisncs, près de Soissons; d'après Viollct-le-Duc.

dans les prairies de nos vallées discrètes et silencieuses, qu'aux compositions enchevêtrées des marchands de Gonstantinople.

Nous avons réuni ici, dans une môme planche, des exemples de ces carrelages dessinés par nous au musée lapidaire de l'archevêché de Reims, et copiés sur nature dans le pourtour du chœur de la cathédrale de Troyes (planche 10).

La renaissance du xui® siècle, on le voit, s'affirma nettement comme l'expression pure et saine de l'art antique de la patrie, appuyée sur les principes immuables de la race invaincue, et se leva droite et fière, avec une énergie violente, bien en face de tous les envahisseurs

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