‹ L'art nationalChapitre 8 sur 88 · x.vy.0.^.ô.M/. B · texte numérisé non relu

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Fig. 67. — Alphabetum Etruscum, d'après le Muséum Etruscum d'Antonii Francisci Gorii.

Elle forme la décoration du trumeau central du porche de Sainte- Anne.

Or, que signifie tout cela, si ce n'est la lutte éternelle de Vhumain, dans le grand sens du mot, contre l'extravagance et le mysticisme?

Des oiseaux voltigent sur la tête de saint Golomban, les écureuils descendent du haut des chênes pour se poser sur sa main, les ours s'éloignent à sa voix, comme les renards à celle de saint Hervé, les poissons à celle de saint Gorentin. Quel est le sens de tous ces symboles?

<( C'est, dit M. Henri Martin, la communion de l'homme avec la nature, l'antique religion des bardes, reprenant enfin le dessus, sanc-

tifiée par la nouvelle parole qui nous venait du Nazaréen aux longs cheveux, et de la Galilée, méprisée des Pharisiens vraiment sémites.

B Beith Bouleau

L Luis Sorbier.

N NioN Frêne.

F Fearn Aune.

S S.\iL Saule.

H lIuATU Aubépine. ... L|

D DuiR Chêne

T TiNNE

GoLL Noisetier.

MuiN Vigne |r

GoRT Lierre ^^

Pethboe. . . .

Ruis Sureau

AiLM Sapin.

Onn Genêt.

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Bruyère W

Eadha Tremble

Idho If I

Fig. 68. — Alphabet oghamique, d'après Jean Reynaud '.

En dissipant toutes ces ténèbres, les missionnaires irlandais du VI® siècle furent les vrais fondateurs de ce qui devait s'appeler plus

1. Notre gravure représente, à gauche, Tarbre symbolique de l'ogham ou Beithluisnion avec les noms végétaux de ses caractères en gaélique et en français; à droite, nous avons placé les caractères bardiques gallois qui leur correspondent. (Voir L'esprit de la Gaule, par Jean Reynaud, p. 2il.)

LES MEROVINGIENS.

tard l'Église gallicane. Église tolérante entre toutes, que nous avons vue disparaître de nos jours, non sans quelque regret.

Les synodes défendaient le culte des pierres à Constantinople, à Ghalcédoine, à Éphèse; on ne savait pas ce que signifiaient ces stelles funéraires.

Fig 69. — Menhir ou lec'h surmonté d'une croix, au cimetière de Plouarzel (Finistère).

Pour des Asiatiques, c'étaient tout simplement des monuments païens, lis les condamnèrent ; nos saints les bénirent : c'est qu'ils avaient, eux, le ressouvenir des anciens îechs, près desquels ils étaient allés souvent raffermir leur âme ébranlée, en songeant aux vertus paternelles. Ils savaient, eux, que, sous la pierre sainte, reposait un ancêtre.

Cette tradition du menhir , persistant comme marque de la tombe, que nous n'avons fait que signaler à propos des pierres d'Autun, du Cher et de Dijon (Voir t. P^ p. 510), nous tenons à la constater ici formellement ; car, tout en confirmant la thèse soutenue par

nous à propos des monuments mégalithiques, elle indique avec une précision absolue l'esprit de la réaction gauloise du vi® siècle.

Quand arrivèrent les saints irlandais, les Bretons étaient encore presque tous païens. Veneti aulem, dit l'auteur de la Vie de saint Mélaine, erant omnes pêne gentiles.

On avait voulu toucher à leurs morts : ils avaient, avec une

Fig. 70. — Croix avec ornements gravés, près de Carnac, route des alignements de Kermario.

énergie sublime, résisté à ceux qu'ils considéraient comme des sacrilèges.

C'est qu'il aime ses morts, le Léonard comme le Trécorois, le Vénète comme le Gornouaillais. Pour lui, an nanaoun, les trépassés, sont une sorte de gens, dans le sens latin du mot, une famille qu'il sent toujours près de lui, e tut, son peuple, comme il dit encore maintenant; peuple que l'on doit, si l'on veut arriver jusqu'à son cœur, respecter avant tout; tant est profondément ancrée dans son esprit, comme dans celui de ses ancêtres, la grande idée de l'immortalité de l'âme.

Les chrétiens de saint Jean, qui ne comprenaient rien à ces pi-

liers frustes et grossiers, voulurent tout d'abord les abattre. Il s'éloigna d'eux avec un souverain mépris.

Mais tout cà coup survinrent de là-bas, du pays de la verte Érin, des frères qui s'agenouillèrent pieusement devant ses pierres. Alors les fils d'Armor se parlèrent entre eux et se dirent : « Ceux-ci sont des nôtres ;

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Fig. 71. — Croix avec ornements en relief, près du Cosquer, route du llanlion. Carnac (Morbihan).

leur voix est douce, nous comprenons leur langage, ils respectent les aïeux, écoutons-les, » et leur âme s'ouvrit à la parole sainte, à la bonne nouvelle.

Lorsqu'on revient d'Erdeven, le pays des immenses tombelles et des alignements gigantesques, si l'on s'arrête au petit village de Plouharnel [la peuplade de rOssuah^e), dont nous avons parlé ailleurs, on rencontre au coin d'un chemin, près de la route de Carnac à Quiberon, une pierre énorme taillée en forme de menhir, que surmonte une petite croix du xv* siècle. Quelques signes à peine visibles se dissimulent sous la mousse verdàtre que fait trembler le vent de la mer.

Approchez-vous, regardez bien, frottez légèrement cette mousse, et vous verrez sur le peulvan se dessiner tout à coup une croix gravée en creux (fig. 58). C'est peut-être la marque du moine irlandais, qui porta le premier l'Évangile dans ces contrées déjà sanctifiées par les sépultures des vieux druides.

Au milieu des montagnes d'Arrez , près d'un sanctuaire dédié à sainte Triphine, cette malheureuse épouse du terrible Commore, qui

Kig. 72. — 1. Croix du Cosqiier, masque humain et fleurons en relief (Morbihan).

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