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CHAPITRE II

I \\li i BLEMENT, lis USTENSILES, lis ÉTOFFES \ S I iimims, i m

36. Tou1 produit de l'art industriel doit éveiller eu non- deux idée

celle d'utilité et celle de beauté. L'objet répond-il aux besoins pour lesquels il a été confectionné ? A-t-il une belle forme, est-il l>i<-n orné ? T< lies sont les questions que doivent se poser le producteur et l'acheteur devant toute création de l'art. Cette règle générale étant posée, nous n'aurons pas a la rappeler pour chaque produit, et nous envisagerons surtout les qualités propres à chaque sorte d'objets.

37. Les meubles en général. — Un meuble ne doit jamais être considéré comme un simple ornement; et l'ornementation ne doit pas eue non pluune de ses qualités principales (no 1). Ainsi la sculpture ne sera pas si en relief que les robes des dames puissent s'y accrocher. Que l'on fasse dépendre la valeur d'un meuble de la qualité de son bois, de sa confection : cela vaudra mieux que de la mettre dans une surcharge d'ornementation. Il sera plus facile à épousseter, à conserver, et répondra mieux à son usage. Les meubles du style anglais "Mission" (page 212) sont des nuylèles sous ce rapport.

Les lignes courbes, dans un meuble, doivent se trouver en nombre très restreint, surtout dans les armoires, les buffets et les commode- C'est la ligne droite qui doit dominer, car les tiroirs et les portes seront naturellement quadrangulaires.

Les supports peuvent prendre quelquefois la forme d'une courbe, d'une console ; mais le vrai support ne demande-t-il pas à être vertical ?

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Toutes lefl partieâ du meuble De doivent pas être également ornées, pas ae dans les plus riches, Les frises, lee pilastres, Les chapiteaux, Les panneaux, Boni les parties qui Be prêtent le mieux à l'ornementation.

Enfin la plus grande faute que l'on puisse commettre dans la structure d'un meuble, c'est <iue des colonnes ou des consoles, vraie supports de leur

nature, soient faites de manière à Be mouvoir avec une porte ou un panneau.

abandonnant ainsi la partie qu'elles sont censées Bupporter. Le bon sens

ne veut-il pas qu'un support reste en place pour remplir -a fonction ?

38. Les meubles de chaque pièce. — Le vestibule ne demande pas un nombreux mobilier. Du reste, il n'est pas assez grand d'ordinaire pour cela. Des sièges, un portemanteau et un porte-parapluies, et parfois une glace, y sont cependant nécessaires. Au centre du plafond pendra une lanterne de modèle simple, car la simplicité sied bien à tout ce qui se trouve dancette pièce.

L'ameublement de la salle à manger comprend buffet, table et chaises. Ces meubles doivent être sans recherche, mais d'exécution aussi parfaite que possible. Une suspension d'un beau style, au-dessus de la table, complétera la série des articles que l'on doit trouver dans cette pièce. On pourra ajouter naturellement à cela des peintures ou des gravures sur le mur, ou des porcelaines sur la cymaise de la boiserie.

Les meubles du salon doivent différer suivant la profession du propriétaire. Le salon d'un ministre ou d'un haut dignitaire ne sera pas le même que le living-room du simple bourgeois. Le premier aura des meubles plus somptueux, plus uniformes, et disposés avec ordre, symétrie et dignité. Mïvis chez le second, où le salon est destiné à recevoir les parents et les amis. et où l'on prend un repos bien mérité après les devoirs accomplis delà journée, il faut un mobilier plus accueillant et plus hospitalier. Ici un peu de variété, un peu de fantaisie même sont permises.

"Ces différences ne contribuent pas peu à donner à la conversation un tour facile, imprévu et piquant ; car, si l'on veut le remarquer, rien n'est moins pittoresque qu'une réunion de personnes assises toutes sur des sièges de forme et de hauteur pareilles. Il semble alors que la conversation prenne quelque chose de l'uniformité des postures qui résultent de la similitude des sièges. Nous ne savons si la décence y gagne ; mais certainement l'esprit y perd de sa liberté." Yiollet-le-Duc.

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et autant que poH ible de style pui Bur le milieu d< minée, on |>eut placer une pendule, un ou une (iu\ iv art i* i i< iue quelconque chandelier. I .1 place nat urelle d'un»

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chaque côté, dans les pannes I )e\ ant le d(

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les portières et les rideaux, recouvre le plancher. Enfin un i milieu du plafond.

[1 existe plus de liberté encore pour les meubles de la bibliothèq surtout pour ceux de la chambn à coucher^ qui a un itère plus intime.

Le bon goût devra guider dans ce choix. Le meilleur mobilier ici - lui

qui joint le plus les bonnes formes à la simplicité et à la commodit

39. Les ouvragée en métal. 1 >ans ces ouvrages, on oublie trop souvent de préférer les formes logiques, commodes, à celles qui frappent par leur richesse d'ornementation, -ans même examiner si tous ces ornements siéent bien à l'objet que l'on achète ou fabrique. Parexemple, se demandera-t-on si un candélabre a un pied suffisamment gros pour le tenir stable ? une tige assez unie pour permettre de le manier facilement ? des branches et d'autres parties caractéristiques bien dessinées ? Un modèle qui possède ces qualités donné à la

Ouvr - porcelaine et en métal.

72 PRINCIPES m. l'àBT <>)<\i.\ii \ i \i.

figure 1 * i il. Examinera-t-on, de même, si un poêle, une grille de foyer, etc., ont les qualités qui leur Boni propres ?

Il De faut pas oublier que dans tous ces objets, un ornement perd d»

valeur toutes les fois qu'il surcharge une œuvre, et qu'il doit toujours y avoir

des partie- unie- pour faire valoir celles qui sont décorée.-. CeSOnt là des principe- trop souvent méconnus par certains dessinateur.-, qui semblent prendre L'excessif pour l'excellent.

Dans un travail en métal, le fini de la surface demande ordinairement la plus grande considération ; car la beauté d'une œuvre dépend beaucoup de la manière dont le fini est réalisé. Evidemment le métal ne rend tout son éclat que lorsqu'il est bruni (poli); mais quand le brunissage est fait sur une trop grande partie de la surface, il fatigue la vue et perd de son effet. Il faut réserver suffisamment de parties mates pour le faire valoir. ( )n reproche aussi au brillant du bruni de rendre la forme ornementale moins distincte, et beaucoup de sculpteurs, pour cette raison, ne veulent employer que le bronze pour leurs œuvres. Il faut donc choisir avec discernement les parties à brunir, et ne pas trop les multiplier. Il nous semble que ces parties devraient être seulement les lignes dominantes et les points les plus en relief1.

Vers la fin du siècle dernier, on a introduit l'oxydation du cuivre et de l'argent. Ce nouveau moyen de finir la surface des métaux donne aux œuvres un air d'antiquité qui sied bien à celles qui sont de style ancien.

40. Les tapis. — Comme les papiers peints, les tapis sont destinés à être «'tendus en plan, et comme tels demandent une ornementation qui ne simule pas de relief. Ainsi, toutes les représentations de fruits, de feuilles et de fleurs, avec leurs modelés, et toutes les formes ornementales imitativdevraient être éliminées, pour ne laisser place qu'aux ornements conventionnels en teintes plates. Sans doute nous voyons souvent le contraire; les produits à couleurs voyantes et à représentations pittoresques sont encore les plus recherchés ; et il en sera ainsi tant que, sur ce point, le goût des masses n'aura pas été formé. Mais il n'est pas moins indubitable que l'ornementation idéalisée sera toujours d'un ordre plus élevé (no 2, 3°) et conviendra mieux aux décorations en plan.

1 Lu même règle s'applique à la dorure sur bois.

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Les tapis des [ndes admettent une plus grande variété de coul Ceux de Perse sont peut-être les plue esthétiqu< int pour le dessin q pour le coloris. Lestons employés B'harmonisent tellement bien lee un les autres que l'effet obtenu est d'une richesse admirable.

41. Rideaux, portières, etc. L'ornementation de ces tentui mimise aux mêmes règles que cellesdes papiers peints et destapis. En ce qui concerne les rideaux de Boie, il faut remarquer que le plus bel effet obtenu provient du tissage. Les plis de la soie et le luisant qu'ils occasionnent surface Bont en eux-mêmes dr< ornement.-; de sorte qu'il convient de laisser le tissu uni, ou de ne le semer que de petites fleur- I )<• même pour h

de satin, de velours, etc. ; l'important est de garder tout le lust re du tissu.

Les tapis de table en damas, les nappes et tous les linges dan tirent

également leur principale beauté des moyens de tissage. Pour l< de

table, un motif conventionnel au centre, une bordure simpl< trique

ou florale, faisant le tour, et un réseau pour remplir l'espace qui forment la meilleure disposition ornementale. On sait que cU ouvra-

ges les fleurs et tous les ornements sont tissés; et quand le tissu est d'une seule couleur, comme dans les linges damassés, il est plus important que toutes les parties soient ornées.

Quant aux mousselines, leur texture est trop légère pour recevoir une ornementation aussi délicate que les damas. Il leur faut des figures d'une assez grande dimension et à teintes plates, pour que le dessin soit distinct l.

Enfin, remarquons que les rideaux et les portières, contrairement aux tapis, n'admettent qu'une ornementation qui puisse être placée dans le sens vertical.

42. Porcelaine et verrerie. — Il est à remarquer que l'art de la céra-

1 Pour les rideaux de point, voir no 45, dentelle.

7 1 PRIN< IPES M I." \l: I ORNEMEN I KL

nrique a toujours suivi les autres arts dans leurs progrès ou leur décadent si pourquoi les vases employés chez une nation, à une époque détermini qous font connaître ordinairemenl le degré de civilisation à laquelle cette

nation ou cet te époque esl parvenue. I te même le choix que l'on fait de c objets reflète avec fidélité le goûl d'une famille d'un producteur, d'un acheteur. De plus, coin me les vases Boni constamment bous nos regards et bous ceux des visiteurs, leurs moindres défauts Boni vite découverts. Il tant donc qu'ils montrent une grande pureté de forme el une décoration Bans repro he. S'il s'agil de vases usuels, leur forme, toul en étant soignée, doil être subordonnée à leur commodité, el leur décor ne devra nuire en rien à leur caractère. Si, au contraire, ces vases n'ont d'autre bu1 que d'embellir, on y recherchera plus particulièrement la bonne qualité de la matière, l'élégance de la forme et la beauté de l'ornementation.

On Bail que les porcelaine- le- plu- renommées Boni celle- de Sèvres, dont la figure l9o donne un exemple. Pour les produire, le goûl des meilleurs artistes -'unit à la science de- plus grands chimistes. Les forme- -ont élégantes et pure- ; et la décoration, qu'elle soit peinte ou en relief, e-t excellente. Ce Boni des oeuvres que les manufacturiers doivent prendre pour modèl II- observeronl que la surface de ces vases n'est pas trop charg de peinture ou de métal. La porcelaine, si belle par elle-même, ne demande pas beaucoup d'ornement-.

Les ( rrecs, qui ont excellé dans l'art de la céramique, décoraient leurs vases de figures en teinte.- plates, et de bordures dont la fonction était de séparer les diverses surfaces.

La céramique orientale est décorée à peu près de la même manière : et -i quelquefois on voit la surface davantage couverte, c'est par de- réseaux qui laissent voir sufli-animent la porcelaine. Les parties courbes 30n1 en outre ornées de forme- qui -intléehissent comme naturellement avec la surface. Cela vaut mieux que (\c> scènes ou des paysages, qui demandent à être représentés sur des surfaces planes, et qui, du reste, sont déplacés >ur des vases. La céramique a un genre particulier de décoration. In ornement qui va Lien sur un tapis ou un papier peint ne sied pas toujours pour cela à la décoration d'un vase ; car il faut que l'ornement soit adapté à la forme de l'objet décor»'. Ce sont le- ornements conventionnels qui se prêtent le mieux à cette adaptation. Donc, ici encore, ils constituent le meilleur mode de décoration.

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