CHAPITRE I
ils \u i s CHRÊTI1 \ PRIMITIF, I VI !\ I I BYZANTIN IVe-XIIe SIÊCL1
86. Art chrétien primitif, rendant que l'art romain dépérissait, que l'empire lui-même chancelail sur ses bases, une religion et un art nouveaux germaient dans les catacombes. ( ïomme le main de bl< en tei
la semence se développa dans l'ombre de ces souterrains creusés sous la Rome dos ( îésars. Mais l'esprit païen no pouvait s'effacer, dan- l'art comme dans la société, sans quelque transition, et plusieurs décorations des catacombes sont empruntées aux source- ancienne-. Mais, déjà, les - t£ les plus souvent représentés sont inspirés par la Bible. Ainsi on voit sur la plupart des tombes le bon pasteur et la vigne, emblème- <{<• Jésus-Christ, suivant ces paroles même du Sauveur : "Je suis le bon pasteur. . ." Je suis la vigne et vous êtes les branche-.'' Les âmes des mort- sont re] tées par des sauterelles ou des petits oiseaux à plumage brillant, pour rappeler sans doute les qualités des corps glorieux. On y trouve aussi le poisson, autre symbole du Christ, "qui, dit saint Augustin, est descendu vivant dans eet abîme de vie comme dans la profondeur des eaux."
87. Art latin.— Cependant le christianisme étendait de plus en plus son souffle bienfaisant sur le monde, et. après une lutte de trois siècles, il
i;;o HISTOIRE DE i.'\i;i ORNEMENTAL
était enfin victorieux. L'avènement de Constantin au trône an 306 marqua ce triomphe. Alors le culte chrétien fui accepté par L'Étal el l'on commença à bâtir des église
L'architecture. Ces églises turent construites but le modèle des basiliques romaines, qui servaient de tribunal el de marché, et dont plusieurs furent attribuées au culte. (Voir le no so .
Le trône (le l'évêque remplaça le siège du magistrat, qui se trouvait dans l'abside1, el le peuple occupa la nef. L'autel l'ut placé entre L'abside et la nef. A l'entrée (le la basilique, on construisit un portique pour les
catéclnmièip Plu- tard on ajouta aUSSÎ à L'édifice un transept, qui donna
à L'ensemble du plan la forme d'une croix latine.
Voici quels sont Les principaux traits caractéristiques de ce styl<
A l'extérieur, si la basilique était précédée d'un portique, on ornait SOUVenl celui-ci de peinlun Dans la façade, la partie supérieure for-
mait un pignon encadré par les moulures du toit : puis, au milieu, s'ouvrait une fenêtre ronde, origine des belles roses du moyen âge. Plu- bas, et quelquefois aussi de chaque côté, se trouvaient d'autres fenêtre-. Dans la partie inférieure étaient Les portes. Au-dessus de La porte principale, on plaçait Notre-Seigneur dans une gloire de forme elliptique, improprement appelée ica piscis, en souvenir du poisson dont la représentation servait, pendant le- persécutions, à rappeler l'idée du Sauveur3. Le bord du toit était orné d'antéfixes demi-ronds qui dissimulaient en même temps le bout des tuiles, comme chez les Cire
L'architecture intérieure consistait en colonnes superposées et en arcade- cintrées reposant immédiatement sur les colonm
Dans la même colonnade on fit quelquefois un mélange de colonnes et de chapiteaux. Ces irrégularités venaient de ce que l'on empruntait une grande partie dr< matériaux aux temples païens qu'on démolissait. Feutêtre habituèrent-elles un peu les architectes à s'affranchir de la régularité des ordres antiques, comme Os tirent de plus en plus dans les siècles du moyen agi
1 Extrémité d'une église, derrière Le chœur.
2 Ces données sont extraites du Manuel d'Archéologù de l'abbé P. Gaborit.
3 L'origine de ce symbole est le mot .crée Ichtus (poisson) dont les lettres sont les initiales des mots lésons Christos, Theou l - résus-4 Inrist, Fils de Dieu, Sauveur.
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par autant d'agneaux, puis au par de- palmiers qui les encadraient en inclinant leur feuillage
Les basiliques latines ont donné naissance î l'architectu Les plus célèbres ont été construites à Rome, Onj peutencon de Saint-Paul-hors-les-Murs, de Samte-Marie-Majeui
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8&. Notions historiques. La dénomination de byzantin dom ce Btyle lui vient de ce qu'il a pris naissance dans la ville appelée <l Byzanceet qui prit le nom de Constantinople, en l'honneur de Constantin, quand celui-ci y transféra la capitale de l'empire romain 330 av. J.-C. Les Byzantins
héritèrent de ce qui restait de l'art de Rome et en formèrent un nouveau style, qui fut comme un rejeton du premier.
Sur les rives du Bosphore, à la porte de l'Orient, cet art fut nécessairement modifié par les influences grecques et asiatiques; mais les Grecs de Constantinople avaient depuis longtemps rompu avec les traditions de leurs ancêtres ; et ils montrèrent comment ils savaient, à l'occasion, développer un principe nouveau et en tirer un art rajeuni.
89. L'architecture. — Grâce à la munificence et aux libéralités des empereurs Constantin et Justinien. et ai
Fit:. IX — Sainte-Sophie de Constantinople— Chapiteau de colonne et coupe de l'église.
1 Compartiments ornés de moulures.
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à la prospérité dont jouissait alors Constantinople, l'art byzantin produisit rapidement «le- œuvres remarquais La principale fut l'église de
• > Sophie, élevée par Justihien à Constantinople même, él qui à bon droit pour une des merveilles de l'architect ure fig. IX, p. 131). l'un des plus riches monuments que les hommes aient jamais élevés à la gloire du vrai Dieu, quoique le style en soit assez médiocn Nous dirons, pour donner une idée de cet édifice, que l'empereur voulait qu'il dépassât en magnificence le temple de Salomon. Il demanda aux gouverneurs «le toutes les provinces lesmarbres les plus précieux et tous les matériaux qui pouvaient être utiles à l'édification du nouveau temple. Deux architectes (8 avaient la direction des t ravaux. L'or et l'argent . le marbre, les mosaïques, la peinture et la dorure y furent prodigués.
Les dimensions de cette église ne sont pas moins extraordinaires: l'édifice, sans compter les portiques, -'('tend but une surface à peu près carrée d'environ 250 pieds de côté.
A la prise de Constantinople par les Turcs, la basilique fut convertie en mosquée et dépouillée de ses ornements et de ses riches»
L'art byzantin pénétra plus tard en Occident pour y élever des églises remarquabli Les plus connues sont, en Italie, celle- de Saint-Marc, à Venise, l'une des plus riches du monde (fig. VIII), et celle de Saint-Vital, à Ravenne : et < n France, celle de Saint-Front, à Périgueux.
Ruskin a fait une magnifique description de Saint-Marc de Venise, et nous ne pouvons résister au désir d'en citer un passage relatif à l'extérieur. "On dirait.
écrit-il, un amas de trésors composé d'or, d'opales et de perles, et creusé parle bas de cinq grandes ouvertures plafonnées de jolies mosaïques, et
Fie. VIII. Eglise Saint-Marc, à Venise.
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entourée de sculpture d'un albâtre limpide comnn île l'ami licomi
de l'ivoin I i culpture fant m(
feuille de li . de grappe* de rai in d m£l<
qui je cramponnent ça et là ou qui voltigent parmi le branch< Iest lié en emble en un réseau inext ricable de plai
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ulptures les plus délicat offrent partout au ds du ur.
"À la vue de ces > oûtee d'or, «lit à son tour Mgr ( laume, d( et de porphyre, <l<i ces cinq cents colonnes de marbre précieux, de b d'albâtre, de vert antique et de serpentine, d< en broi
chefs-d'œuvre de Sansovino, du Titien, on reste ébloui, silencieux, immobile."