‹ L'Art ornamentalChapitre 48 sur 71 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LA RENAISSANCE L'ARCHITECTURÏ DEUXIÈM1 MOI III 1)1 \\, Midi il

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119. Notions historiques. Vers le milieu du XVe siècle, un c gemenl remarquable se fit dans la littérature et les beaux-artc \ s un oubli presque complet de la civilisation païenne, les artiste les bomn de lettres de l'Europe tournèrent leur attention vers les débris qui restai* lie ëette civilisation, pour en étudier et en imiter les beautés mou-

vement qui est appelé Renaissance.

Les causes de -ce retour à l'art desGrecset des Romain- -ont multipl Une des principales est là prise de Constantinople, suivie de la conque la Grèce, par tes Turcs ( 1453-1467). Beaucoup de savai obliges de se réfugier en Italie, et ils y apportèrent le goût des arts antiqu La vue d'anciens manuscrits retrouvés et de statue- sorties des fouilles augmenta encore l'engouement pour l'antiquité. Ce fut comme un réveil qui lança les arts dans une nouvelle voie : le symbolisme du moyen âg s vit

HISTOIHK DE I. \ I; I OUNKMKN'I \I.

relégué à la dernière place, et le beau fui de nouveau cultivé pour sa valeur propre. Commencé en Italie, ce mouvement s'étendit à La France, où il fui encouragé par les Valois, et ensuite à toute L'Europ

120. La Renaissance en Italie. IH retour prononcé vers l'art païen

commence à s'opérera Florence, vers 1 160, durant le règne et sous le pat ronage des Médicis, qui ont gouverné c<'iîc ville si longtemps et si noblement . Le mouvement se communiqua à Rome, soua

Léon X, cet autre

protecteur des arts, puis à Pise, a \ îe-

nes et à toute l'Italie. ( 'ela se« fit d'autant plus facilement que la péninsule était restée plus ou moins attachée aux traditions grecques et romaine-. Si elle avait pratiqué ça et là les arts byzantin et gothique, ce n'était que par imitation ou influence.

Le retour à l'art antique fut donc vite accompli, et <le toute- parts s'élevèrent des monuments suivant les nouvelles idées. Le principal édifice de la Renaissance italienne esl la basilique de Saint-Pierre (fig. X\ I . chefd'œuvre d'architecture digne du centre de la chrétienté. Il fut conçu par Bramante, et exécuté par Michel-Ange. C'est le temple le plus vaste et le plus riche que les chrétiens aient élevé à la gloire de Dieu. La nef mesure

Fig. XVI -Saint-Pierre de Rome.

prè* de 600 pied de longucui l I énoi mk |>ili< cadc besqu il iennent I I ■• cl

fameu i coupole quN Izanam a :«i»ih •' le di v d< la placé là, dan le ail . par le génie de Michi I s I

qu'au sommet mesure 150 pied l .■ pili< i i ! l< n de marbre e1 de mosaïque I wl d'un imm<

orné de colom >rinthiennee et p- le einq i ine

arcade à chaque extrémité Nous ne parlerai Q-

ferme cette. basilique, car toute l'histoire de L'Egli enmarbi

coulée en bronze, ou fixée par le pinceau des plue grands peintre*

Après Saint-Pierre de Rome, il faut citer la splendide Cha de

Pavie, admirable surtout pour sa riche ornementation. "Non seul i l'abondance des ornements dus aux plus grands artisi imagination, mais on ne peut rien voir de plus parfait comnn A côté de la sculpture, la diversité des marbres de couleur joue un rôle important : en vain cherche-t-on une partie tranquille, et si, au milieu de apparente confusion, les lignes principal- ai encor

à la force des saillies et à une sage distribution qui laisse à chaque meml véritable physionomie." \.. IV'

Parmi les autres œuvres d'architecture religieuse de style Renaissanc en Italie, les plus remarquables sont : la façade et le cloître de Saint-Jean de Latran, à Rome, e1 l'église de Sainte-Marie, à Gên< La •!<• de

ces églises est formée de portiques et de colonnades superposées.

Les autre- monuments sont des palais, des villas, des hôtels de ville, des hôpitaux, des collèges et des tombeaux. ( !itons le palais Farnèse, le palais Borghèse et la villa Médicis. Pour donner une idée du style <1< nous ne trouvons rien de mieux que le passa 2 s ùvant de J. Aubert, d son ouvrage Notions d'histoire <l< l'art: "Les palais delà Renais* ont heureusement varie l'uniformité de leurs revêtement- à l'antique par les ornements d'un goût original et délicat. I les médaillons, lesrin-

ceaux que créaient avec tant d'éclat les sculpteurs de leur tem

1 Sort o do galerie couverte dont les voûtes ou les piaf onds sont supportés par des colom

piliers ou des arcades.

2 On sait que la cathédrale de Montréal est un fac-similé, au tiers Saint-Pierre de Rome.

Mais simplifiée et de matériaux très ordinaires, cette reproduction ne peut nous donner une juste idée de l'architecture de l'original.

7fi

III' — ■ l ■ ■! 1:1 l»l I. \ l: l OKNKMK.VI \l.

121. La Renaissance française. Le style Renaissance, tel qu'il développé en Pranç il diviser en deux périodes principales, correspondant à deux évolul iona du styl

1 l'nc période de transition entre le gothique el la Renaissance, comprenant la deuxième moitié du XVe siècle et la première moitié «lu XVI Le style mixte de cette période est généralement appel»' styl /' ançai, I

2 I « période Henri IV qui comprend la deuxième moitié du XVIe siècle et les premières années du XVIIe. Dans cette période, les éléments gothiques font entièrement place aux formes classiqu

122. Première Renaissance française ou style François 1er. Le retour à l'antiquité commença, en France, après les expéditions de Charles \ III et de Louis XII en Italie. Ils étaient revenus de la péninsule enchantés des beautés artistiques

qu'ils y axaient vues, et

épris du désir de les imiter. Le mouvement s'accentua sous François 1er.

qui attira en France les artistes italien- les plus renommés. Les constructions qu'ils élevèrent eurent sur l'architecture française une influence décisive en faveur des forme- classiques. Mais dans un pays où l'architecture ogivale avait brillé d'un si vif éclat, un tel retour ne put se faire >ans lutte

entre les deux systèmes de construction. Il en résulta un mélange d'éléments qui étaient quelquefois en contradiction les uns avec le- autres, mais qui produisit souvent aussi de très heureux effets. C'est à ce style mixte qu'on a donné le nom de

\ VI bis. ( Sbâteau <le Chambord — Partie centrale.

1 Chacun des styles français porte Le nom du souverain sous Le règne duquel il s'est principalement développé : mais la durée «lu style ne correspond pas toujours aient à celle «lu règ

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! L'hôtel de ( lunj . P [e chAti .m de Bloi . ceUa de < !henon< '• 1 b

d' \/.i\ le Rideau, etc., apparl iennent I l<

Caractères de l'architecture de cette époque* U

1 1, \ & dan l( byle 1 ai çoi [< r ont intf i leui

Elle* empruntent à l'art J le plus grand nomb

meneaux de pierre qui w ent dan* ' ■

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soi ir les toits n pente rapide, l<

cheminées hautes et ornées, et tout cet ensemble d'éléments décoratifs, balustrades, clochetons, etc., que l'on voyait aux derniers éta des édifices, à la fin de la période médiévale.

Mais peu à peu ces éléments font place à d'autres plus classiques. Les clochetons sont remplacés par des sortesde petits obélisques, les tlai> par <lrs niches, les colonnettes par des pilastres, en un mot les motif s gothiques par «h1- motifs romains. L'ornementation se transforme également, et elle devient moins saillante, moins déliée et plus sérieuse à mesure qu'elle s'achemine vers l'art ancien.

Dans la construction des châteaux, à cette époque, on donnait une grande importance aux escaliers et aux cheminées. Les escaliers des châteaux de Blois (fig. XVII de Pierrefonds, ainsi que celui de l'hôtel de Jacques-Cœur, à Bourges, sont justement célèbres.

La cheminée était l'objet principal des salle». Le foyer avait de grandes dimensions et le manteau était la partie sur laquelle s'exerçait particulièrement le talent des artistes. Aussi il prit les formes les plus variées, et fut revêtu des ornements les plus riches

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Fi<r. XVD Eecali< r da -hâteau de Bl( iiï

I i B HISTOIRE DE i." iB l" ORNEMEN1 KL

123. Style Henri IV. Dana cette deuxième période de la Renaissance française, on imite «le plus près Les monuments antiques. Les archi-

Ctes remettent en honneur les ordres d'ardiit cet ure avee leurs différent

partie- : colonne, entablement et fronton. Les fenêtres sont rectangulaires ou cintré i dans L'ensemble de la construction, on remarque la prédo-

minance des lignes horizontales alliée à cette ordonnance >\>tématique que nous avons remarquée dans les œuvres grecques et romaine-. La Renaissance a fini d'absorber Le style de transition, e1 nous voici en présence d'un

art rajeuni, renouvelé et adopté aux besoins de l'époque.

Les principaux monuments construits sous Henri IV sont : la majeure partie du palais de Fontainebleau : Les châteaux d'Anet et (U^< 'huileries, dus à Philibert Delorme, e1 la première façade du Louvre, due à Pierre Lescot.

Comme on Le voit, les principaux monuments de la Renaissance français -eut i\^> châteaux et des palais. On a bien élevé quelques églises et quelques façades d'église, mais ce ne sont pas les meilleures œuvres.

Les maisons privées, les hôtels ou somptueuses demeures de ville, les fontaines monumentales, les tombeaux, etc., qui furent élevés en grand nombre à cette époque, participent au style général. Le tombeau de François 1er. à Saint -Denis, par Delorme, peut supporter la comparaison avec les meilleurs de L'Italie, qui en possède cependant de très beaux.

124. Caractères généraux de l'architecture de cette période.- L'architecture de la Renaissance, tout en s'inspirant de l'antiquité, a qualités propres. Telles que nous allons les exposer à présent, cv< qualités appartiennent plus spécialement à la période Henri IV, alors que le style eut suffisamment évolué pour être homogène, c'est-à-dire débarrassé des éléments gothiques.

1° L'imitation parfois très fantaisiste de Varchitectun gréco-romaine. — Les architectes, il est vrai, adoptent pour leurs constructions les ordonnant des styles classiques ; mais quelle différence dans l'usage de la colonne et des autres éléments constitutifs î Tantôt la colonnade occupe toute la longueur de l'édifice, tantôt elle est placée entre les pavillons1 ; ici elle ne forme qu'un portique, là elle est supprimée et remplacée par des pilastres qui constituent. avec L'entablement, un simple revêtement décoratif. Le fronton lui-même

rtie carrée ou circulaire d'un bâtiment, faisant saillie sur le corps principal.

i; l hl MODI

i le plus souvent ciii|)i«.\. (pu comme ornement L'entabl<

faire divei e ailli< quand il n'< i upporté (pic par d»-~ pilastre-, il

|)cii! même être entrecoupé par Lee Fenêtre nt !<■ g

On agit avec la même liberté m l'égard «l« - autres partiee arcl et presque toujours les ordres antiques forment ui h principales, «i s'emparent .;i leur profit des pie mên

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