I. Non procul a cœlo per tua templa sumus
Percensere labor densis décora alta tropaeis
Ut si quis stellas pernumerare velit :
Confunduntque vagos delubra micantia visus :
Ipsos crediderim sic habitasse deos.
Claudius Rutilius Numatianus, Itinerarium, I, 5o, 9J-96 (anno 41 j).
lyO ROME AU rv* SIECLE.
nant abandonné dans Rome à la solitude. Ces dieux qu'adoraient autrefois les nations restent aujourd'hui seuls dans leurs niches avec les hiboux et les oiseaux de nuit. Le Capitole couvert d'or languit dans la poussière, tous les temples de Rome sont vêtus de toiles d'araignées (Properce disait déjà cela au commencement du règne d'Auguste); la ville s'élance de ses fondements, les flots du peuple passent devant les temples à demi ruinés et se pressent vers les tombeaux des martyrs . *»
Ce contraste entre la vie et la mort, entre la nouvelle Rome qui s'émeut et l'ancienne Rome qui s'endort dans l'oubli, donne la dernière touche au tableau. Il y eut, à la fin du iv° siècle, un moment unique dans l'histoire ^artistique de Rome. Les basiliques de la foi chrétienne s'élevaient de toutes parts, resplendissantes de l'éclat des marbres et des mosaïques; les vieux cimetières souterrains, rajeunis par une
I. Solitudinem patitur et in Urbe gentilitas. Dii quondam nationum cum bubonibus et noctuis in solis culminibus remanserunt... Âuratum squalet Capitolium. Fuligine et aranearum telis omnia Romae templa cooperta sunt. Movetur Urbs sedibus suis, et inundans populus ante delubra semiruta currit ad martyrum tumulos. Ep^ 107, adLaetam (anno 598),