‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 110 sur 167 · Pausanias, I, i · texte numérisé non relu

Pausanias, I, i

2. Pausanias, 11^ i; V, 12, 17. Cf. Revue archéologique, t.XXXV(i878), pL VII.

3. Beulé, dans le Journal des Savants, 1875, p. 22. — Ce respect des Romains pour les sanctuaires de la Grèce a été constaté par Pausanias, qui l'oppose aux dévastations des Perses, X, 35.

4. Les Romains lui en avaient, à Rome même, donné l'exemple; de temps en temps, ils faisaient fondre les riches

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LART ANTIQUE A CONSTANTIN OPLE. lôl

énormes dépenses qu'entraînait la fondation de la nouvelle ville, il ne craignait pas d'enlever le dieu lui-même, lorsque le dieu était beau ou célèbre. La liste des statues portées par lui à Constanlïnople le tait bien voir. C'est probablement à ces pillages entrepris dans un but artistique, mais avec peu d'égards pour les sentiments religieux des païens, qu'il faut appliquer les paroles par lesquelles Eusèbe peint les sanctuaires antiques spoliés de leurs statues, et « ces dieux de la Grèce, autrefois si vantés par les fables, entraînés comme des captifs *. » Constantin ( sauf dans des cas exceptionnels) ne détruisit pas systématiquement les temples païens, il ne songea même pas à' y interrompre le culte ; mais il ne les épargna pas quand il voulut orner sa ville : il n'ouvrit pas seulement dans ce but l'opisthodomeou le trésor, il porta sa main jusque dans le demeure du dieu, jusque sur l'idole elle-même. Un païen n'eût pas osé agir ainsi, mais un

présents que des particuliers ou même des rois offraient au temple de Jupiter Gapitolin. Voir Preller, Les dieux de l'ancienne Rome, p. 1 58.

I. Eusèbe, De laudibus Constantin^ 8. —Cf. La Bastie, Du souverain pontificat des empereurs romains, dans les Mém. de VAcad. des Inscr., t. XV (1743), p. 93.

i82 l'art antique a constantinople.

chrétien timide ou fanatique eût eu peur d'étaler aux regards les images de tant de divinités. Les esprits éclairés du iv" siècle n'avaient pas de ces craintes. L'historien ecclésiastique Socrate le dit clairement : « Constantin fit des statues "des dieux l'ornement de sa ville *. » Le pieux écrivain du V* siècle apprécie simplement un fait que Tillemont a défiguré : d'après ce dernier, trop docile éeho d'Eusèbe, tous ces dieux auraient été exposés à Constantinople « plutost pour y estre moquez que pour y estre adorez ^. » Ni pour y être moqués/ni pour y être adorés, mais pour y être admirés. Tillemont est trop bon janséniste pour avoir l'intelligence de la politique des empereurs et de l'Église en cette matière : cet aspect de l'histoire du IV' siècle lui fut toujours voilé. Dans la nouvelle capitale du monde où la croix brillait partout^, où s'élevaient de toutes parts des églises

1. Certe deorum simulacraad ornatum urbis Gonstantlnopolitanaepalam' proposait. Socrate, I, i6.

2. Tillemont, Hist, des Empereurs y t. IV, p. 2^5. Fleury parle comme Tillemont, Histoire ecclésiastique ^ t. III, p. 188 (éd. 171 3). — On s'étonne devoir la même expression répétée par M. Aube : fartasse per ludibrium positas, dit-il en parlant des statues de Castor et PoUux placées sous les portiques de l'hippodrome (De Constantino, etc., p. 61).

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