‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 112 sur 167 · Zonare, In Constantinum, j ; cf. Socrate, I · texte numérisé non relu

Zonare, In Constantinum, j ; cf. Socrate, I

et non le moins grand, de Tœuvre de Constantin : si le procédé fut souvent violent, la pensée fut élevée et le résultat, en définitive, obtenu. A Rome, la perpétuité de la tradition artistique semblait assurée. Si elle n'eût été, en quelq^ue sorte, rompue par les Barbares, les artistes romains, malgré quelques décadences accidentelles, à travers des alternatives de progrès et de recul, eussent continué à produire des œuvres comme la mosaïque de Sainte- Pudentienne, comme les mosaïques de Sainte-Sabine, et TOccident n'eût pas eu besoin de Renaissance. A Constantinople, tout était à créer. Capitale improvisée, sinon ville neuve \ elle n'offrait point de modèles aux artistes innombrables que son fondateur y appelait. L'art y fût demeuré médiocre, puéril, hésitant entre les idées chrétiennes auxquelles il n'eût su donner un corps, et les influences orientales qui l'eussent pressé de toutes parts, si l'empereur n'avait, en quelque sorte, appelé la Grèce à son secours.

« Lorsque Constantin fonde Byzance, a dît un historien moderne, c'est une nouvelle Rome et

I. Sur l'histoire de Byzance avant Constantin, voir Le Beau, Histoire du Bas-Empire, livre FV, ch. lxxii, t. I, p. 485.

LART ANTIQUE A CONSTANTINOPLE. l83

non une nouvelle Athènes qu'il établit*. » Oui, mais c'est une Rome bâtie tout près d'Athènes, et dont le rivage est ouvert à toutes les brises de FAttique, une Rome qui appartiendra tout entière au génie grec, et qui deviendra le centre de Vorbîs grœcus^ comme la première capitale de l'empire a été le centre naturel de Vorbis latimis. Aussi voyez comme la Grèce, la vieille mère des arts, secoue la poussière du sépulcre pour répondre à l'appel de Constantin ! Les artistes de Constantinople sont mis à l'école de Phidias, de ses successeurs et même de ses prédécesseurs (car un archaïsme intelligent et, en quelque sorte, prévoyant rassemble, à côté des oeuvres que l'art grec a marquées du sceau de sa maturité, les essais naïfs de son enfance, que reproduira plus tard la caducité de l'art byzantin). De véritables musées s'élèvent pour abriter les chefsd'œuvre du génie antique. Églises et palais en sont remplis. Constantin fait même bâtir des temples pour les recevoir. Zosime rapporte qu'il

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que, dans un autre temple qui lui faisait pendant, il plaça une statue de la Fortune de Rome *.

C'étaient là des objets d'art et non des divinités ; ces* temples étaient des musées et non des sanctuaires^. Pour qu'on ne pût s'y méprendre, Constantin, à la grajidt indignation de l'historien païen, fit changer la pose de la statue de Rhéa; les deux lions, emblème de la puissance, qui étaient à seé côtés, furent enlevés et les mains de la déesse furent étendues à la manière des suppliantes^. On en fit presque une orante semblable à celles dont les fresques des catacombes nous ont conservé l'image. Que nos susceptibilités artistiques ne s'étonnent pas de ce qui serait considéré aujourd'hui comme une profanation*. Constantin ne pouvait dire plus clairement à ses

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