‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 113 sur 167 · Zosime, II · texte numérisé non relu

Zosime, II

2. Tillemont, Hist, des Empereurs, t. IV, p. 652 (note lix sur Constantin).

^ . Zosime, /. c.

4. Les anciens étaient, sous ce rapport, beaucoup moins timorés que nous. Dés le temps de Pline, on n'éprouvait aucun scrupule à remplacer par une autre la tête antique d'une statue {Hist, nat, XXXV, 2). Les jurisconsultes romains prévoient le cas fréquent où l'on ajoute à une statue une main ou un bras étranger : c'est précisément ce qu'a fait ici Constantin. Voir Paul, au Dig,, VI, i, 25, § 2, 5 ; Pomponius, Ibid., XXXIV, II, 14.

' peuples ce qu'il voulait que Fart fût désormais, et il était nécessaire qu'il le dît. Les dieux antiques ne devaient demeurer debout qu'à la condition d'être désarmés, de cesser d'être des dieux pour ne plus rester que de belles statues : c'est ce que Constantin fit entendre à tous par la mutilation symbolique de la statue de Rhéa.

C'est, du reste, le seul acte de cette nature dont le souvenir nous ait été transmis. L'hospitalité la plus large, la plus respectueuse est donnée par le fondateur de Constantinople et ses successeurs aux chefs-d'œuvre que l'on y apporte de toutes parts. Quatre cent vingt-sept statues, oeuvres pour la plupart de maîtres grecs, sont déposées dans l'église de Sainte-Sophie ; c'est une collection comme, les amateurs ou les gouvernements de notre temps en peuvent rassembler : on y voit un Jupiter, une Vénus, les douze signes du zodiaque, Diane avec le croissant sur la tête, figurant la lune, plusieurs planètes personnifiées, de nombreuses images mythologiques mêlées à des portraits d'empereurs païens et chrétiens *. Le

I. In magna ecclesia, quae jam appellatur S. Sophia, erectae erantquadringentae viginti septem statuae, quarum plerumque graecae; ex quarum numéro erant Jovis, Cari patris, Diocletiani,

i88 l'art antique a constantinople.

palais du sénat, brûlé avec Sainte-Sophie lors de la sédition de. 404, était un véritable musée. Constantin y fit placer à Tintérieurles statues des neuf Muses, oeuvres de Céphisodote, de Strongilion et d'Olympiosthène *, qui avaient décoré les sommets de THélicon, et la porte de la curie fut gardée par le Jupiter de Dodone et la Minerve de Linde, debout sur leurs piédestaux^. Cette porte elle-même était une œuvre d'art: elle venait du temple de la Diane d'Éphèse, où Trajan Tavait fait placer après ses victoires sur les Scythes : elle était ornée de bas-reliefs représentant, dans la partie supérieure, Jupiter tenant la foudre, Neptune armé de son trident, Apollon avec son arc et ses flèches, et, dans la partie inférieure, les Géants lançant contre les dieux des quartiers de

duodecim [signorum Zodiaci, Liinae, Veneris, Arcturi siderîs duabus persicis columnis fulti^ Poli australis, ac sacerdotis Minervae habentis a latere Iridem sine philosophia vatidnantem (?). Christianorum autem statuas non paucas exti tisse ferunt. Anonyme de Banduri, Imp, orient. y t. \, p. 14. Pierre Gylli n'accepte pas tous les chiffres et toutes !cs attri butions de ce catalogue ; mais il compte, d'après Suidas, statuas deorum graecorum plus quam septuaginta, et duodecim signorum Zodiaci, et regum christianorum octoginta. De topographia Constantinopolitana, I. H, ch. 5, dans Banduri, 1. 1, p. 572.

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