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Zosime, V

l'art antique a constantinople. 189

roc *. Un autre palais, construit sous Arcadius et dévoré par un incendie en 476, était rempli d'innombrables statues ^. On y admirait la Vénus de Cnide, œuvre de Praxitèle, la Junon de Samos, œuvre de Lysippe, le Jupiter Olympien, œuvre de Phidias, un Amour ailé, la statue de r Occasion au front chauve, et enfin la Minerve de Linde que Tincendie de 404 avait respectée et que Ton avait transportée dans ce nouvel asile ^. Les thermes d' Arcadius et les thermes d'Eudoxie, tels que nous les montrent les dessins faits par Gentile Bellini d'après les basreliefs de' la colonne élevée en l'honneur du fils

1. Pierre Gylli, De top. Const., I. HI, ch. 4; dans Banduri, t. I, p. 596.

2. Kai à»a (tu^oc, dit Cedrenus après avoir cité les principaux chefs-d'œuvre de ce musée, Compendium historiarum, t. I, p. ^51 (éd. Paris, 1657).

3. Zonare, In Basiliscum, — La Minerve commandée à Scylïis et à Dipœne, artistes Cretois établis à Sicyone, et con^ temporains de la L« Olympiade (vi« siècle avant Jésus-Christ), par Cléobule, tyran de Lindos, dans l'île de Rhodes, était formée, dit Cedrenus (/. c), d'une émeraude haute de quatre coudées, c'est-à-dire de six pieds. Une émeraude de cette dimension serait tout à fait fabuleuse ; M. Beulé pense que l'auteur byzantin a mal compris le mot yMyiyivric, par lequel on désignait une certaine qualité de marbre de Paros, et a cru qu'il s'agissait d'une pierre précieuse, émeraude ou autre. La statue était peut-être simplem.ent en marbre blanc. Voir Beulé, Hist, de l'art grec avant Périclès, p. 579»

igo l'art antique a constantinople.

de Théodose, étaient entourés,' à Textérieur, de niches garnies de statues antiques *. Mais rien n'approchait des thermes de Zeuxippe. C'est le plus splendide musée que l'antiquité ait peut-être rassemblé. Les thermes de Zeuxippe étaient antérieurs à la fondation de Constantinople. Bâtis par Septime Sévère, ils avaient fait l'ornement de l'ancienne Byzance ; le fondateur de la nouvelle capitale les avait agrandis et magnifiquement décorés. Il serait facile de reconstituer le catalogue des statues qui les ornaient. Banduri a rassemblé toute une anthologie des epigrammata inspirés aux poètes byzantins par les chefs-d'œuvre de l'art rassemblés dans Constantinople; un livre entier est rempli par les vers du poëte Christodore sur les statues des bains de Zeuxippe. Tous les dieux, tous les demi-dieux, tous les héros de la fable, les poètes, les philosophes et les hommes d'État de la Grèce, et même quelques Romains, y avaient leur image; on cite surtout une

I. Voir les planches de Banduri, t. II, p. 51J, 517 ; cf. sa Préface, t. I, p. i3. — Sur le voyage de Gentile Bellini à Constantinople à la fin du xvo siècle, voir Vasari, Vies des peitt" ires, sculpteurs et architectes, trad. Léclanché, t. III, p. 152 {Paris, 1841).

admirable statue d'Homère *. Les bains de Zeuxippe furent brûlés sous Justinien. Mais les incendies, fréquents à Constantinople, et dont nous trouvons le récit à chaque page des historiens byzantins, n'anéantirent jamais qu'une faible partie des trésors d'art qu'on y avait amassés. C'est ainsi que Justinien, avant de reconstruire Sainte-Sophie, put enlever de l'ancienne église la plupart des statues qu'elle avait contenues et les disséminer en divers points de la ville^. Constantinople était encore remplie de marbres et de bronzes antiques au commencement du xni* siècle ^.

1. Banduri, 1. 1, p. 1 53-155. Cf. Gylli, De top, Const. ; ibid., p. 373.

2. Quibus per urbem dispersis, Justinianus fide et studio multo permotus amplissimum templum excitavit. Si qui vero horum periti urbem explorandi causa percurrant, non paucas earum reperient. Anonyme, dans Banduri, t. l, p. 14.

3. Parmi les statues de bronze que Nicétas dit avoir été fondues par les Latins après la prise de Constantinople en 1204, il cite une Junon colossale, un Paris, un Bellérophon, des Amours, un Hercule, une Hélène. Narratio Nicetœ Choniatœ de statuts Constantinopolitanis, quas Latini capta urbe confractas in moneta conflaverunt, dans Banduri, t. I, p. 107-112.

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Ce soin pieux des empereurs ne fut pas perdu. L'imitation des vieux modèles se trahit sur toutes les œuvres, grandes et petites, de Tart byzantin jusqu'au viu® siècle et même au delà. Dans les diptyques d'ivoire *, dans les enluminures des manuscrits^, comme dans les colonnes triomphales élevées par les empereurs ^ ou dans les splendides mosaïques dont Justinien fît décorer Sainte-Sophie *, la tradition grecque et romaine est partout présente. Les écrivains byzantins le savent bien, et, dans leurs exagérations mêmes, apparaît un vif sentiment de l'idéal que se proposait l'art de leur temps. Il est probable que Procope a beaucoup dépassé la vérité quand, décrivant un quai décoré de colonnes de marbre

1. Labarte, Histoire des arts industriels, 2« éd., 1. 1, pi. i, III, IV, V, VI (Paris, 1872). Cf. Kûgler, Handbookof painting in Italy (éd. Eastlake), t. I, p. 19 (Londres, 1867).

2. D'Agincourt, Histoire de V art par les monuments^ uIV, pi. XIX, XXVII, XXIX, XXX ; Labarte, t. Il, pi. xlii, xliii, XLV, XLvi ; Kûgler, t. I, p. 77-78.

j. D'Agi ncourt, t. II, pi. x, xi.

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