‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 128 sur 167 · I. s. Augustin, Sermo · texte numérisé non relu

I. s. Augustin, Sermo

tre les deux cultes avait pris un caractère d'acharnement particulier. La civilisation n'était pas répandue à dose égale dans toutes les parties de l'empire romain. On ne saurait faire, à ce point de vue, aucune comparaison entre les cités intelligentes de l'Italie, de la Gaule méridionale, de la Grèce ou de l'Asie Mineure et les cantons perdus de la Bretagne, les forêts qui couvraient le centre et le nord de la Gaule, les cités encore à demi barbares de la Belgique et de la Germanie, les villes sensuelles et turbulentes qui s'élevaient sur les côtes de la Phénicie ou sur les pentes du mont Liban, les sauvages et violentes populations de la province d'Afrique. Là, sous le vernis brillant et mince de la culture romaine, la férocité native reparaissait dès que les passions religieuses étaient en jeu. On pourrait dire de ces parties moins civilisées de l'empire ce que nous avons dit des campagnes : la mythologie y était demeurée vivante. Saint Augustin nous montre autour de lui les chrétiens sans cesse menacés, outragés, violentés par les païens. Ceux-ci ne veulent même pas permettre à un fidèle d'abattre une idole restée debout dans son propre champ *.

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