Hist, EccU, L V, p
3. lisdem pollicetur, et id quidem verbis scommatum ac ironiœ plenis, se curatunim ut illorum deus restituatur, sed porro noanisi ea lege, ut ipsi quoque vitam iis, quibus ade-
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cette lettre, plus je la trouve simple et sérieuse. L'accent est ironique, et vraiment il était permis à un évêque de railler la divinité d'Hercule ; mais l'engagement qui y est contenu est sincère. Quaûd saint Augustin s'écrie : « Rendez-nous à votre tour les âmes de ceux que vous avez inmiolés! » il pousse un cri d'éloquente douleur, il ne fait pas une mordante plaisanterie. Je croîs avoir suffisamment expliqué plus haut les raisons qui justifient, au point de vue religieux, sa conduite pleine de miséricorde et la hardiesse de son équité. Le xvn® siècle, il faut le reconnaître, comprit peu les ménagements infinis auxquels l'Église dut avoir recours dans sa lutte suprême contre le paganisme; les écrivains de cette époque s'imaginent que les empereurs purent l'abolir d'un trait de plume, conune Louis XIV se flatta d'avoir aboli le protestantisme. Il suffit de lire soit les Mémoires de Tillemont sur l'histoire ecclésiastique, soit son Histoire des empereurs^ pour apercevoir que tel est constamment le point de vue où il se
merunt, restituant. Vita S, Augustîni ex ejus potissimum scriptis concinnata, 1. IV, c. i6; reproduite dans Migne, PàtroL lot., t. XXII, p. 286.
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place. Je crois avoir montré à toutes les pages de ce livre que ce point de vue n'est pas le vrai, et cette démonstration fait honneur à la fois à rÉglise et aux premiers empereurs chrétiens.
Il fallait, certes, être bien fort, bien sûr de soi et de sa cause, pour agir comme le fit saint Augustin. Il n'était pas seul à avoir de ces grandes inspirations ; à la même époque, la même année, les autres évêques de la province d'Afrique ne se montraient pas moins confiants ni moins généreux. Dans la situation violente qui vient d'être indiquée, il semble qu'ils eussent eu le droit de réclamer du pouvoir civil, dans l'intérêt de la paix publique, la destruction complète des temples de la province. Ils se gardent bien de le faire ; ils font un choix entre les temples, marquant, en quelque sorte, ceux qui doivent être abattus et ceux qui peuvent être ^conservés. Ils distinguent entre les édifices religieux qui faisaient l'ornement du pays et ceux qui, placés hors de la vue du public, loin de toute surveillance des magistrats, ne servaient qu'à entretenir les superstitions locales ou à rallier autour d'eux, le fanatisme populaire. Le concile tenu à Carthage l'an 2>gg demande aux empereurs de « ren-
verser tous les temples qui, étant situés dans les lieux écartés ou dans les champs, ne contribuent pas à Tomement public *. » Toujours le même souci de servir tout ensemble les intérêts de la foi et les intérêts de la civilisation, toujours le même esprit de conservation artistique : abattez, puisqu'il le faut, les temples des campagnes, respectez la parure des villes. Godefroy, qu*on ne se lasse pas de citer, parce que sa profonde érudition rencontre toujours le mot juste, a résumé ainsi cette pensée qui est au fond de toute la législation du iv® siècle : <f On dut songer à démolir les temples situés hors des murs; mais, pour les temples existant dans Tenceinte des villes, la question ne se posa pas : car en eux consistait la principale beauté de celles-ci *. »
1. Templa quae in agri^^ vel in locis abditis constituta nullo omamento sunt jubeantur omnimodo destrui. Canones Eccle^ sice Africce, LVIII, dans Hardouin, t. I, p. 898.