Macrobe, Satum*, lî, ij
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composé avec tant de goût par Galba, et offert par lui à la Vénus du Capitole *, — furent respectés, avec tous les donaria des temples, jusqu'en 408. En cette année, lors de là première attaque d'Alaric, les trésors des sanctuaires païens existaient encore : ils servirent à payer la rançon de Rome et Téloignement des Goths*. Deux ans plus tard, ceux-ci revinrent : alors la ville éternelle fut envahie, ses édifices saccagés et incendiés, ses richesses artistiques en partie détruites. De cette époque datent la désolation et Fappauvrissement de Rome. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, pleine encore de statues et de temples ^, mais de temples pillés, de statues dépouillées, d'édifices en ruines. « En 410, dit naïvement une vieille chronique, Rome fut brisée par les Goths d'Alaric*. »
!• Suétone, Oalba, i8. — 2, Zosime, V, 40.
5. Voir plus haut, ch. vu, les vers écrits en 41 j par Claudius Rutilius Numatianus, Itinerarium, I, 50, 9^-96. Ils constatent la multitude des monuments, mais taisent les dégradations subies. — Un manuscrit de la bibliothèque de Saint-Gall, découvert et publié par M. de Rossi, fait mention de statues et de portiques renversés en 44^ paç- un tremblement de terre. Excerptum ex chronica Horosit, dans le Bull, di arch, crist,, 1867, p. 20.
4. (A. 410) Verana et Philippo II conss. Roma fracta est a Gothis Alarici XVIII kl. Septembres. Ibid,, p. ig.
La ville antique ne se releva pas de ce désastre^ malgré les efforts des empereurs pour lui rendre une partie de sa splendeur première. Ses édifices épargnés par le fer des Barbares commencèrent dès lors à perdre leur inviolabilité. A partir du v* siècle, on entreprend de convertir en églises les temples païens, ou, selon. l'expression d'une loi de 435, « de les purifier en y plaçant le signe de la vénérable religion du Christ *• » Il ne faut pas croire <ïue cette transformation, dont il y a d'assez nombreux exemples dès le rv* siècle, mais qui ne devint générale qu'au v* et au vi*, ait été faite sans art et sans goût : les chrétiens y portèrent le plus souvent la liberté d'esprit, Tin-
I. Omnibus sceleratae mentis paganae exsecrandis hostiarum tmmolationibus damnandisquesacriôciis caeterisque antiqulorum sanctionum auctoritate prohibitis interdicimus, cuncta* que eorum fana, templa, delubra, si quce etiam nunc restant intégra, praecepto magistratuum destrui, collocationeque venerandce christiance religionis signi expiari prœcipimus : scientibus universis, si quemhulc legi apud competentem judicem idoneis probationibus illusisse con&titerit, eum morte esse mulctandum. Code Théod,, XVI, x, 25. — Les iqots ^< quœ ^ etiam nunc restant intégra font allusion à la ruine de ces édifices par les Barbares ; quant à Tordre de détruire les temples encore debout, il faut l'expliquer par le membre de phrase suivant^ et de Us purifier par le signe du Christ : les détruire comme temples et les transformer en églises. D'après Godefroy^ le mot destrui est mis ici pro superstitione sua spoUari, ut videîicet mox expiata in etclesias eomfertantur.
tclligent respect de Tantiquité, et, si Ton peut parler ainsi, le généreux dédain que j'ai tant de fois signalés, et que rendait plus faciles alors la tolérance de la religion victorieuse pour des représentations désormais sans danger.
Une loi de 408 (qui n'avait sans doute point été mise à exécution, à Rome, avant la prise de c^^e.viUe par les Goths) ordonne d'enlever des sanctuaires païens les statues qu'ils contenaient ^ : elle ne dit pas que celles-ci devront être brisées, mais seulement retirées des niches ou des piédestaux qu'elles occupaient dans la cella des temples {suis sedibus epellantur):^ ces statues devinrent probablement ensuite l'ornement des forums, des basiliques et des thermes. Mais si la loi s'occupe ici des simulacres qui ont été ou qui pourraient être encore l'objet du culte des païens {quae alicubi ritum pel accipiunt vel acceperunt), elle ne parle point des autres ornements des temples; quand ceux-ci deviennent des églises, personne, ordinairement, ne touche à leurs marbres ou à leurs mosaïques : la croix sufËt <c à transformer en une maison de Dieu le