I. Code Théod.y XVI, x
lieu OÙ s'assemblaient les démons, et à faire bril* 1er la lumière céleste là où régnaient les ténèbres*. »
On retrouve en Grèce d'anciennes églises dont les murailles sont couvertes de bas-reliefs païens et d'inscriptions appartenant aux âges classiques *. Les chrétiens modifièrent à peine l'aspect du Parthénon, lorsqu'ils le consacrèrent à leur culte : ses admirables sculptures demeurèrent intactes ; on changea seulement l'orientation du
I. Corpus inscriptionum grœcarum, n» 8627. — Il est à remarquer qu'en certains endroits le dieu auquel avait été dédié le temple fut remplacé par un saint dont les attributs ou le nom étaient à quelques égards semblables : ainsi^ les temples de Neptune furent souvent consacrés à S. Nicolas, qui, en Gréce,,est le patron des marins: une église dédiée aux douze apôtres s'éleva, à Athènes, sur l'emplacement de ra,utel des douze dieux : un temple d'Esculape devint une église des saints Anargyres (SS. Côme et Damien, surnommés anargyres parce qu'ils soignaient les malades gratuitement) : le Parthénon passa du culte de Minerve, déesse de la Sagesse, à celui de Sainte Sophie (soit qu'il s'agisse ici de la sainte de ce nom, martyrisée sous Adrien, et dont le nom signifie Sagesse, soit qu'il s'agisse simplement.de la Sagesse divine). L'Église, ici encore, s'efiforça de tout transformer, de tout purifier, en respectant le plus possible les traditions antiques et en déroutant le moins possible les habitudes de la piété populaire. De même, en Gaule, le. temple élevé à la Victoire, dans le village de Fourrières, près d'Aix, après la défaite des Ambrons par Marius, fut remplacé par l'église de Sainte-Victoire.
2. Michaelis, Anaglyphum Vaticanum, in princip.; cf. BuîL di arch. crist,, 1866, p. 55.
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temple, faisant du pronaos une abside, et de î'opisthodome le vestibule de la nef . Le Théseion , temple hexastyle d'ordre dorique, admirablement conservé, devint une église consacrée à saint Georges, sans que rien ait été changé à son architecture *. L'Érechteion fut transformé en une église de la Mère de Dieu, sans avoir à subir d'altérations notables^. Le temple de Proserpine, dans lequel était la statue de Triptolème dont parlé Pausanias *, était encore parfaitement intact au xvii® siècle : on en avait fait une église sous le nom de la Très-Sainte Vierge du Rocher *. « Les deux temples construits en Tauride par Oreste et sa sœur Iphigénie sont aujourd'hui, dit Procope, des églises chrétiennes : on les a dédiés sans rien changer à leur construction* .»• Le célèbre temple d'Ancyre dut être agrandi quand il fut dédié à la religion de l'Évangile :
X. Beulé, L'acropole d'Athènes, p. 28 (Paris, 1862) ; Vitet, Etudes sur l'histoire de Vart, t. I, p. 102 (Paris, 1866).
2. Petit de Julleville, Recherches sur l'emplacement et le vocable des églises chrétiennes en Grèce, dans les Archives des Missions scientifiques, 1869; 2* série, t. V, p. 522.
}, Jbid., p.487-