‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 151 sur 167 · I. Tillemont, l. c.j p. 46 c · texte numérisé non relu

I. Tillemont, l. c.j p. 46 c

a. Vita 5. Porphyrii, 6 ; Acta SS., fév., t. lU, p. 652.— L'auteur de la Vie attribue cette résistance d'Ârcadiu^ à la crainte de voir les païens déserter la ville, et celle-ci ne plus payer l^mpôt. .....

fit incliner la tête en signe d'assentiment. Le petit César avait prononcé : Arcadius ne put que ratifier ce premier acte de souveraineté de son fils. Porphyre se mit en route pour Gaza, porteur de l'ordre qu'il avait sollicité, et accompagné d'un personnage occupant un rang élevé dans l'administration, Cynégius, qui était chargé d'en assurer l'exécution *.

Celui-ci se mit énergiquement à l'œuvre. Les temples de Gaza furent renversés ; on trouva de la résistance dans le seul sanctuaire de Marnas, Les prêtres qui le desservaient s'y barricadèrent; quand la porte fut forcée, ils s'enfuirent par les adyta du temple, dont les souterrains communiquaient avec la campagne par de nombreux passages connus d'eux seuls. Les chrétiens envahirent le sanctuaire de Marnas, mais ils n'y prirent rien. Porphyre avait d'avance frappé d'anathème quiconque s'approprierait un seul objet provenant du temple ^. Quand on en fut devenu maître, une

1. Ibid,, 8, p. 665. — Il ne faut pas confondre ce Cynégius, conseiller d'État sous Arcadius, avec le magistrat du même nom dont il est question p. 102, qui fut intendant des largesses en j8j, préfet d'Orient en 584, et mourut consul en j88.

2. Cum: anathemate subjecisset in ecclesia quemlibet civem christianum qui ex delubris aliquid accipit ad lucrum pro-

question se posa : Que fera-t-on du temple ? On songeait à le convertir en église, quand une voix d'enfant se fit entendre du milieu de la foule; elle disait : « Brûlez-le! » On crut reconnaître dans ces mots l'ordre de Dieu ; le temple de Marnas fut livré aux flammes K

Ce récit m'a paru mériter d'être reproduit intégralement, car il nous montre dans quelles circonstances intervenaient le plus souvent ces ordres de destruction, et avec quelle peine les empereurs se les laissaient arracher. Ici, l'évêque était dans son droit, ou plutôt il faisait son devoir, en sollicitant un pareil ordre, car le paganisme, violent dans Gaza, ne pouvait y être déraciné et pacifié que par une mesure violente.

L'empereur était, de son côté, dans son rôle, en n'accordant qu'avec répugnance l'autorisation demandée. Un seul fait paraît regrettable: pourquoi le temple de Marnas, qui passait pour une des merveilles de l'Orient, ne fut-il pas conservé et changé en église ? Peut-être eût-on été, cependant, même dans ce cas, obligé de le détruire

prium. Ibid., 9 ; p. 656. — Cf. S. Augustin, Ep. 47 ; voir plus haut, p. 92 et 226.

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