Bull, di arch, crist.y 1867, p
3lO LES BARBARES ET LES TEMPLES-
sans doute il envoyait à Constantinople les trésors artistiques épargnés par les Barbares. Au milieu de ces vicissitudes, il semble que la vie civile se soit encore arrêtée : de 545 à 554, M. de Rossi ne trouve pas une seule inscription romaine datée du nom des consuls * : il y a encore des consuls, mais on croirait qu'on n'élève plus de monuments, qu'on ne construit même plus de tombeaux. Ce serait une erreur, cependant : on construit encore, ou du moins on répare ; on répare les ruines avec des ruines. Du vi« siècle date l'emploi, dans les catacombes, de marbres enlevés aux temples et aux monuments antiques, ou plutôt recueillis parmi leurs débris. Ainsi, dans la crypte de Saint-Eusèbe, au cimetière de Calliste, un pape de ce temps fait graver, sur un fragment d'arc de triomphe, la copie d'une inscription damasienne dont l'original avait sans doute été brisé par les Goths*. Ainsi encore, dans le cimetièrede Générosa, commencent à être construits, avec des fragments de tables arvaliques, des sépulcres de basse époque : et l'on