‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 2 sur 167 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

être conservé des institutions et des mœurs antiques, et ne rejette que les éléments mauvais, tels que ridolâtrie et l'esclavage : il amène ainsi par degrés, sans secousse, le monde dans les voies nouvelles que Dieu avait préparées. Même quand il se trouve en présence d'un de ces éléments mauvais qu'il doit détruire, d'une de ces forces dangereuses qu'il lui faut briser, avec quels ménagements il le fait! J'ai récemment essayé de décrire les rapports de l' Église primitive avec l'esclavage : on a pu voir comment le christianisme combattit ce fléau des civilisations antiques. Que^de précautions! quel respect, non-seulement des droits acquis, mais de ce qui n'avait même que l'apparence du droit ! quelle peur d'exciter trop vivement les âmes, d'éveiller les colères endormies au cœur des foules, et de lancer la multitude des opprimés contre une société qu'il savait fragile et ne voulait pas briser ! Il n'essaya pas de rompre violemment les chaînes de l'esclave : il aima mieux les desserrer d'abord, puis les user anneau par anneau : elles finirent par tomber d'ellesmêmes en poussière. Il serait intéressant de montrer le christianisme aux prises avec un autre élément mauvais de la société antique, avec celui

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