Vita Constantini
ques mesures de rigueur furent, sous Constantin, dirigées contre F idolâtrie et même contre les temples. Mais ces mesures, loin d'être l'application d'un système, forment, au contraire, des exceptions à la politique générale adoptée par le premier empereur chrétien. Elles sonirent, en quelque sorte, des faits eux-mêmes, et furent imposées par une nécessité sociale. La corruption . du paganisme romain était si profonde que, le jour où il cessait d'être la seule religion reconnue par l'État, où il n'était plus couvert par l'inviolabilité officielle, il tombait de toutes parts sous le coup des lois pénales, et devait attirer sur beaucoup de ses aaes l'attention d'une police bien réglée. Ce que le culte public et la dévotion privée recelaient de turpitudes ne peut se dire : tel temple était l'asile du charlatanisme le plus grossier, tel autre le repaire de la débauche la plus éhontée; ici les pratiques criminelles de la magie, là les rêves souvent séditieux de la divination ; partout l'impureté, le mystère, de grossiers appâts offerts à la crédulité des uns, à la sensualité des autres. Constantin n'essaya pas de balayer d'un seul coup ces ordures des religions antiques; mais, dès qu'un scandale trop grand se produi-
sait, dès qu'un péril public était révélé, dès qu'un délit était commis, il intervenait, non comme chrétien, mais comme souverain obligé d'assurer le bon ordre et de venger la morale. C'est ainsi qu'il ferma le temple d'Esculape à Egée, qui était exploité par des charlatans, et pouvait être dangereux pour la santé publique*. Il ferma ou détruisit de même les temples de Vénus à Héliopolis, en Phénicie, et à Aphaque, sur une des pentes de la chaîne du Liban. C'étaient des lieux immondes, où les hommes et les femmes honoraient la déesse par la prostitution sacrée, comme en Arménie, en Mésopotamie et dans le Pont ; quand on lit la description que donnent de l'intérieur de ces temples Eusèbe, Socrate et Sozomène, on reconnaît que toutes les infamies du panthéisme oriental s'y étaient donné rendezvous *; ce que racontent Hérodote et Jérémie du temple de Mylitta à Babylone est presque innocent auprès de ce qui se passait dans ces sanctuaires phéniciens^. Les murailles qui avaient