‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 25 sur 167 · Eusèbe, Vita Const., III · texte numérisé non relu

Eusèbe, Vita Const., III

2. Eusèbe, ibid., 55 ; Socrate, HisL eccL, 1, 18 ; Sozomène, HisL eccLjYj 10.

5 . Hérodote, Hist., l, 199; Jérémie, dans Baruch, V, 42.— Cf. J. Menant, Babylone etlaChaldéeJp, 2 jo Qt suiv. (Paris, 1875).

abrité de telles abominations tombèrent sous la hache des soldats dç Constantin; leurs ruines témoignent aujourd'hui encore de l'entrain avec lequel travaillèrent les démolisseurs*. D'autres sanctuaires païens furent peut-être, pour les mêmes causes, l'objet de mesures semblables. a L'Évangile, comme un soleil levant, perçait de ses rayons les voiles des temples et les retraites des bois sacrés, et montrait au ciel des idoles immondes, des cérémonies obscènes, toute une école de crimes et de débauches qu'une société policée s'étonnait d'avoir supportées si longtemps ^. »

La destruction des temples ne fut donc point ordonnée par Constantin ; aucun ordre général ne prescrivit même de les fermer ; les sacrifices n'y furent pas interrompus; mais plusieurs édifices religieux furent interdits ou abattus, parce qu'il s'y passait des actes que la morale condamne. Quels que fussent les engagements pris

1. « Le temple (d'Aphaque) a évidemment subi une destruction violente ; des pans de murs entiers sont renversés d'une seule pièce. Du reste, l'ensemble est, à peu de chose près, dans l'état où il se trouvait le lendemain du jour où Constantin le fit démolir. » Renan, Mission de Phénicie, p. 297 (Paris, 1864-1873).

2. A. de Broglie, l'Église et l'Empire romain au vj^ siècle, t. I, p. h8.

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par lui envers ses sujets idolâtres, un empereur chrétien avait le droit de chasser les êtres dégradés qui renouvelaient à Aphaque les orgies de Sodomeetde Gomorrhe, de disperser les infâmes hiérodules d'Héiiopolis, de démolir leurs honteux repaires, comme le sénat païen avait eu, cent quatre-vingt-six ans avant Tère chrétienne, le droit d'interdire, dans tout le territoire soumis à la puissance romaine, la célébration des Bacchanales*; comme, deux siècles plus tard, Tibère avait pu faire raser, à Rome, le temple d'Isis et jeter dans le Tibre la statue de la déesse, à cause des fraudes et des immoralités dont son culte était le prétexte^ : la liberté de conscience n'était pas atteinte par ces mesures de police. Sous Constantin elles furent sans doute nombreuses, fréquentes, elles firent du bruit : Eusèbe eut tort de les célébrer avec trop d'emphase. Il eut tort aussi de raconter, sans en mettre suffisamment en lumière le caractère spécial, certains enlèvements d'objets précieux et de statues qui eurent lieu par ordre de Constantin, mais dans un but artistique, lorsqu'il contruisait

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