Firmicus Maternus, De errore prof.:narum religionum
princes, qui contient pour la première fois la proclamation du principe dont s'inspirèrent les empereurs pendant toute leur lutte contre Tidolâtrie. Ce principe-, c'est le respect des monuments que l'ancienne religion avait élevés sur toute la surface de l'empire. « Quoique toute superstition doive entièrement disparaître, dit le rescrit adressé au préfet de Rome en 346, cependant nous voulons que les temples situés aux environs de la ville soient conservés intacts et sans souillure, parce qu'à plusieurs d'entre eux est attachée l'origine des jeux, des courses et des combats qui font, de toute antiquité, la joie du peuple romain *. »
. Une troisième loi de Constance et Constant, attribuée à la même année, semble, enfin, la déclaration d'une guerre àmort à l'idolâtrie. «Qu'en tous lieux, dans toutes les villes, les temples soient fermés, que leur entrée soit interdite à tous, afin que personne n'ait occasion de pé-
I. Quamquam omnis superstitio penitus eruenda srt, tamen volumus, ut aedes templorum, quae extra muros sunt positae, intactae incorruptaeque consistant, Nam cum ex nonnullis vel ludorum vel circensium vel agonum origo fuerit exorta, non convenit ea convelli, ex quibus populo romane praebeatur priscarum solemnitas voluptatum. Code Théod., XVI, X, 3
cher. Que tous s'abstiennent des sacrifices. Celui qui en aura offert sera frappé du glaive vengeur : ses biens seront dévolus au fisc, et ceux des gouverneurs de province seront eux-mêmes confisqués, s'ils négligent de faire observer cette loi *. » Je ne recherche point en ce moment si elle fut réellement observée partout, Je constate seulement qu'elle laisse debout tous les temples : ils seront fermés, mais non détruits.
Une autre loi, rendue par Constance seul, six ans après la mort de son frère, s'exprime ainsi : « Nous ordonnons que la peine capitale soit appliquée à ceux qui serçnt convaincus d'avoir sacrifié ou d'avoir adoré des idoles^. » Vaine menace : ni à cette époque, ni plus tard, le paganisme n'eut de martyrs ^. Ici encore, il
1. Placuit, omnibus locis atque urbibus universis claudi protinus templa, et accessu vetitis omnibus licentiam delinquendi perditis abnegari. Volumus etiam cunctos sacrificiis abstinere. Quod si quis aliquid forte hujusmodi perpetraverit, gladio ultore sternatur. Facultates etiam perempti fisco decernimus vindicarî, et similiter affligi rectores provmcianim, si facinora vindicare neglexerint. Ibid., 4.
2. Pœna capitis subjugari praecipimus eos, quos operam sacrificiis dare vel colère simulacra constiterit. Ibid.j 6.
5. S. Grégoire de Nazianze, Oratio IV (contra Julian-im), 68. — L'illustre et malheureuse Hypatie fut immolée au siècle suivant, en 415, par des partisans fanatiques de saint Cyrille, non comme païenne, mais parce qu'elle était accusée
n'est point question de la destruction ou de la spoliation des temples. Cette loi est du 20 février 356 : deux mois plus tard, Constance visitait Rome pour la première fois. Il y fit son entrée environné de cette pompe orientale qu'Ammien Marcellin décrit d'une façon si pittoresque et si amusante. Il était debout dans un char d'or incrusté de pierreries : tout autour de lui flottaient des dragons de pourpre, dans lesquels le vent s'engouffrait en sifflant. Il était environné de soldats, parmi lesquels la foule remarquait avec admiration des cataphractes vêtus à la manière des Perses, « que Ton eût pris pour autant de cavaliers de bronze sortis de l'atelier de Praxitèle *. » Constance s'appliquait à se tenir luimême comme une statue, immobile, le regard
de faire, de concert avec 4e préfet, opposition à Tévêque : elle tomba victime d^une haine de parti, non d^une haine religieuse, ^historien ecclésiastique Socrate déplore éloquiemment ce meurtre, « car les massacres et les combats, et tout ce qui y ressemble, sont incompatibles avec l'esprit du christianisme. » (Hist, eccl,, VII, 15). Voir, à'ce sujet, Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, t. XIV, p. 274-276, 748 (Paris, 1709), et les nombreux autetirs cités dans Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge, V® Hypatie (2« fascicule, p. i lo? ; Paris, 1878).