‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 39 sur 167 · Ammien Marcellin, XXII · texte numérisé non relu

Ammien Marcellin, XXII

2. Chose curieuse, cette comparaison avait été appliquée par Julien lui-même à l'œuvre de Constantin. Julien, C^sares.

}, Julien, Misopogon,

les prescriptions des vieux rituels étaient oubliées et que personne ne se souciait plus diitudier le cérémonial*; vainement entendait-il retentir à ses oreilles les railleries du peuple, qui se demandait à quoi bon immoler tant de milliers de bœuts et \de myriades d'oiseaux blancs^ : il croyait avoir un but et s'avançait les yeux fixés sur ce but. Il sacrifiait, sans s'en rendre compte, les plus belles qualités d'homme de guerre et d'homme d'État à la réalisation d'une fantaisie archéologique.

Fantaisie de lettré plutôt que d'artiste : Julien semble avoir oublié que le paganisme, qui ne parlait ni à l'esprit ni au cœur des peuples, entrait dans l'âme par les yeux; il remit en vigueur des rites et des cérémonies, il n'inspira ni monuments, ni peintures, ni statues. Il ne songea pas à jeter sur les épaules d'une religion décrépite le manteau d'un art rajeuni. Un des hommes qui ont étudié avec le plus de finesse l'histoire de l'art dans les siècles de décadence, Séroux d'Agincourt, en fait la remarque. « Quant à la sculpture, dit-il, sauf quelques statues qu'il fit placer

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