Sozoméne, V
JULIEN. bj
mascarade que Julien prenait seul au sérieux, quand il voyait le prince se promener gravement dans les rues, entouré d'ignobles prêtresses*, et les soldats se gorger de viande dans les temples *, il n'avait pas toujours la force d'imposer silence à ses sentiments indignés : il se jetait dans un sanctuaire d'idoles, brisait le dieu, renversait l'autel, puis, ayant soulagé son âme et la conscience publique, il affrontait courageusement le supplice. C'est ce que firent à Doristore, en Thrace, le spldat Emilianus^; ^ Mère, en Phrygie, les trois chrétiens Macédonius, Théodule et Tatien*. L'Église fut indulgente, et, faisant fléchir ses règles, elle admit ces braves combattants au nombre des martyrs.
On ne remarque pas, parmi ces chrétiens immolés pour venger des statues et des temples, un seul agent du pouvoir, un seul magistrat, de rang élevé ou d'humble condition (à l'exception du préfet d'Alexandrie, Artémius, dont il a été parlé plus haut). Que l'on passe en
1. Ammien Marcellin, XXII, i j . Cf. S, Grégoire de Nazianzc, Oratio V (contra Ju lia nu m), 22.