‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 54 sur 167 · s. Matthieu, IV, g · texte numérisé non relu

s. Matthieu, IV, g

2. Privilégia illa, quibus saepe decepti sunt etiam christiani ; nonnullos enim illis privilegiis partim per imprudentiam, partim propter publicarum necessitatum molestias de-

§4 l'acte DE GRATIEN.

L'Église avait encore à cette époque, comme au temps des persécutions, ses lapsi : le parti païen se grossissait par le silence d'une foule d'hommes ambitieux ou cupides, appartenant à la religion nouvelle par la seule adhésion intérieure, et cachant sous la robe du pontife ou du flamine des cœurs qui trahissaient tout ensemble le Christ et les dieux*.

En portant la main sur les revenus des temples, Gratien agit en véritable homme d'État. Non-seulement il rendit service à la morale en rompant violemment le réseau de capitulations hypocrites qui tenait les consciences captives*^,

clinandas irretire voluerunt : et quia non omnes fortes înveniuntur, etiam sub principibus christianis plerique sunt lapsi. S. Ambroise, £)?. 17.

1. Voir, sur cette situation, Tillemont, Hist. des Empereurs, t. V, p. 170 ; De Rossi, Bull, di arch, christ, j 1868, p. 70.

2. Ces capitulations de conscience étaient le fléau d*une époque où le paganisme était encore mêlé à tout. Je ne sais à quelle situation particulière fait allusion une inscription récemment découverte à Rome parmi des matériaux antiques, près de l'emplacement de la porte Flaminienne. Elle est certainement antérieure à Tépoque qui nous occupe, et paraît remonter au commencement du iv« siècle ; mais elle est trop curieuse pour n'être pas citée ici. Il s'agit d'une chrétienne

qui, dit son père, INTER FIDELES FIDELISFVIT, INTER

NOS PAGANA F VIT. Le mot incomplet fut vraisemblablement PAGANOS ou ALIENOS. Cette femme avait-elle, comme le suppose M. de Rossi, épousé un païen? avait-elle été revêtue de quelque sacerdoce idolàtrique? D'autres érudits ont proposé

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mais encore il commença à dissoudre le parti païen, continuel foyer d'opposition à la nouvelle politique des empereurs. L'édit de 382 fit perdre aux carrières sacerdotales une grande partie de leur prestige. Quand les grands seigneurs de Rome furent privés de ces ^^«^ce^ auxquels leur naissance les avait jusque-là destinés, ils sentirent peu à peu s'ébranler dans leur cœur la foi au vieux culte: ceux que l'intérêt seul retenait dans le parti païen s'en détachèrent l'un après l'autre : et l'on put prévoir le jour où les vrais dévots et les vieux aristocrates lui demeureraient seuls fidèles. Aussi voyons-nous, à la fin du

une hypothèse différente; selon eux, le mot incomplet pourrait être lu ALVMNOS ; la défunte aurait appartenu au personnel de ces établissements publics où Ton élevait les enfants abandonnés^ établissements dont M. Léon Renier pense avoir retrouvé la trace dans les monuments. En tant que fonctionnaire, elle aurait donc accompli, conformément aux règles de l'établissement, les prescriptions qui ont pu la faire passer pour païenne. £n réalité, dans la vie privée, elle était chrétienne. Acad. des inscript, et belles-lettres y 26 avril 1878 (compte rendu de M. F. Delaunay dans le Journal officiel, i«' mai 1878, p. 4592}. Quelle que soit la valeur de ces diverses conjectures, il s^agit là d^une situation qui n'est pas sans analogie avec celle que nous étudions, et qui peut aider à la comprendre. — M. de Rossi, après un examen attentif delà pierre, maintient, comme tout à fait probable, la leçon AL {ie} NOS ; il a reconnu TA et TL par lesquels commence le mot. Alienos a ici le même sens que Paganos. Voir Bull, di arch, christ,, 1877, p. 1x8-124 et tavola IX.

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IV® siècle, la « question d'argent » devenir, il faut bien l'avouer, la grande préoccupation de la portion de l'aristocratie romaine qui était eôcore attachée au culte des dieux. Quelques patriciens, plus riches ou plus désintéressés, se placent avec ostentation au-dessùS de cette préoccupation mesquine : Tamésius Olympius Agentius, élevant à ses frais un temple de Mithra, se vante « d'avoir fait construire la caverne sacrée sans le concours du trésor roniain. C'est ainsi que leâ âmes pieuses préfèrent la disgrâce à la prospérité [damna piis meliora lucro) : qui est pluç riche que l'homme capable de partager son héritage avec les habitants du ciel*?» Mais la grande majorité des sénateurs païens refusait de s'élever aussi haut : elle n'avait pas de ces fiertés qui, plus communes, eussent honoré l'ancien culte près de périr. Elle demandait sans cesse à l'État de rendre aux temples leurs riches dotations, et, comme elle disait humblement, de restituer aux prêtres des dieux « leur modique revenu, » ministrorum deorum victus modicus^^. Sans doute

1. Voir Henzen, jB«//. dell Instit* di corr. archeoL, 1868, p, 90 et seq.

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