Symmaque, Ep., X
l'acte de gratien. 87
une pensée politique se joignait ici aux réclamations de rintérêt privé r il est aisé de surprendre la trace de Tune et l'autre inspiration dans le célèbre mémoire de Symmaque sur le rétablissement de Fautel de la Victoire * : il veut à la fois que le paganisme redevienne le culte national^ et que ce culte continue à nourrir ses pontifes. Mais il est facile aussi de reconnaître, dans ces derniers accents de l'éloquence païenne, dans ce suprême gémissement d'une aristocratie vaincue, la profondeur de la blessure reçue par la vieille religion de Rome, le jour où, l'État lui retirant tout à coup son appui, elle se sentit réduite à ses seules forces. Gratien avait trouvé le point sensible : il avait visé juste : cette loi fut un arrêt de mort.
Arrêt de mort pour le culte^ non pour les temples : je citerai plus loin de nombreuses lois postérieures à Gratien, qui nous montrent ceux-ci entourés de la protection des empereurs, et continuant de recevoir le tribut de l'admiration publique. Voici un épisode de l'histoire des catacombes, qui se rapporte au règne de Gratien, et se rattache précisément à l'édit de 382 : il