‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 57 sur 167 · ET LES EDIFICES ARVALIQUES. 9I · texte numérisé non relu

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de forme carrée, au milieu duquel se trouvait une salle entourée de quatre rangs de colonnes, organisée avant tout pour servir de sialle à manger, mais, qui était en même temps un temple des empereurs divinisés et qui contenait leurs statues. Enfin sur la colline, à côté du bois sacré, on a encore trouvé des débris d'une autre construction dans laquelle on a reconnu l'hippodrome des Arvales *. »

Comment un cimetière chrétien put-il, avant la fin des persécutions, être creusé dans le voisinage immédiat d'un aussi important foyer du culte idolâtrique, qui, même après qu'au milieu du III® siècle le collège * arvalique fut tombé en décadence, dut rester longtemps encore en possession de la vénération publique ? Le nom donné à ce cimetière par les anciens documents, cœme^ terium Generosœ^ fait penser qu'il fut, comme la plupart des catacombes à leur origine, creusé d'abord dans une propriété particulière : plus tard seulement, après la paix de l'Église, il s'agrandit et reçut ses derniers développements. Le bois sacré qui couvrait un des flancs de la

I. Cité par Boîssier, La Religiatt romaine d'Auguste aux Antonins, t. I, p. j68 (Paris, 1874).

colline sous laquelle s'étend la càtacombe fut probablement confisqué en vertu du décret de Gratien étudié dans le chapitre précédent : Tempereur le donna sans doute à Téglise de Rome. La basilique élevée car Damase est tournée vers le versant que les vieux arbres consacrés à Gérés couvraient jadis de leurs ombrages séculaires. Il est probable que, devenue propriétaire du bois du collège arvalique, T Église le fit abattre et défricher , comme le furent , à cette époque , tant d'autres bois sacrés *. Que devint, cependant, le temple de la déesse ?

Si les chrétiens avaient eu Thabitude d'emprunter aux monuments païens les dalles avec lesquelles ils fermaient les tombeaux des catacombes, ils auraient trouvé dans ce lieu une riche mine à exploiter. Tout le domaine reli-

I. In Italia multi (crescente religione sacratissîma christiana) templorum (lucos profanos sive) loca occupaverunt et senint. Agenius Urbicus, De limitibus agrorum, — £n ^98^ saint Augustin est consulté sur la question de savoir si un chrétien a le droit d'user des arbres ou des planches provenant des bois sacrés que Ton abattait: il répond qu'il faut se garder de les faire servir à des usages privés, ahn que la destruction de ces bois paraisse une œuvre de piété et non une spéculation ; il faut employer les matériaux qui en proviennent pour l'utilité commune ou le service de Dieu. -£>•• 46» 47-

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gieux des fratres Arvales était rempli de marbres gravés. Les procès-verbaux, les ac/e^ de leurs réunions périodiques étaient soigneusement inscrits sur les murailles du temple. Quand le temple n'offrit plus une seule place libre, on continua à graver sur le marbre la relation des cérémonies accomplies par le collège, et ces inscriptions couvrirent peu à peu les murailles de tous les autres édifices qui lui appartenaient : les exèdres et les balustrades placés en divers endroits du bois sacré portèrent eux-mêmes, gravées sur leurs deux faces, descopies des actes arvaliques. Quand TÉglîse eut été mise en possession du bois, quand Damase, à ce moment, entreprit de construire la basilique qui s'élève au sommet de la colline, le temple et les édifices secondaires du collège arvalique furent-ils dépouillés de leurs marbres ? M. de Rossi répond avec les faits, avec les dernières découvertes archéologiques : Non.

Gratien ne Teût pas permis, et Damase ne Teût pas voulu. L'année qui suivit la mort de ce prince, le païen Symmaque, préfet de Rome en 384, fut chargé d'informer contre des déprédateurs qui, interprétant sans doute la pensée de Gratien au gré de leurs passions ou de leur

cupidité, avaient dépouillé les murs de plusieurs temples des marbres et des sculptures qui les ornaient*. Il est probable que Symmaque fut bien aise de se montrer sévère dans une telle cause : son zèle fut calomnié, et on le représenta aux empereurs comme ayant abusé de sa mission pour molester, sous ce faux prétexte, des chrétiens et même des prêtres. Symmaque envoya à la cour son apologie : il y déclare qu'aucun sectateur de la religion du Christ n'avait été compris dans les poursuites, et il invoque en sa faveur le témoignage du pape Damase. Telle était l'équité, telle était la largeur d'esprit du pontife chrétien; ce n'est pas lui qui, contrairement aux lois, contrairement à ses propres goûts d'artiste, eût donné le signal de la spoliation des temples^.

1. Symmaque, Ep,, X, 41. — J'interprète toute cette affaire comme i*a fait M. de Rossi, Roma Sotterranea, t. III, p. 694. Je dois dire, cependant, que Tillemoijt lui donne pour origine des poursuites dirigées à PocCasion de dégâts faits aux murailles de Rome [Hist, des Empereurs ^ t. V, p. 247). Symmaque parle seulement des spoliata mœnia ; mais il dit un peu plus haut que ses accusateurs lui reprochent de venger sur les chrétiens les injures des temples, christianœ legis injuriis vindicata fanafinxerunt. Ces paroles me paraissent

rendre évident le sens adopté ici.

2. Gibbon lui-même est obligé de dire : « De tous les individus qui composaient la hiérarchie chrétienne, les évêques de Rome furent communément les plus sages et les moins

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Dans la catacombe de Générosa, dit M. de Rossi, « pas un morceau de marbre ravi au temple contigu de la dea Dia, aux monuments arvaliques, aux édifices du bois sacré alors confisqué et rasé, ne fut employé pour la basilique ou pour les sépulcres de Fépoque damasienne. A peine deux ou trois petits fragments de ces marbres furent intercalés, plus tard, dans les murs de soutènement, et employés pour la restauration de la fermeture d'un loculus des galeries souterraines *. » De même les sépulcres chrétiens de la fin du IV® siècle et du commencement du v° appartenant au cimetière extérieur creusé à la surface du sol au-dessus de la catacombe, n'ont pas une seule inscription qui soit opisthographe, et qui présente d'un côté une inscription chrétienne, de l'autre un fragment de table arvalique : aucun de leurs marbres ne provient des monuments du collège païen ^. Toutes les inscriptions gravées sur les parois du temple, et des autres

fanatiques.... On ne cite aucun cas où les pontifes aient encouragé la dévastation. » History of décline and f ail of Rom, emp., ch. lxxi. Un tel aveu aune grande valeur dans une telle bouche.

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