‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 59 sur 167 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Sommaire. — L Théodose déclare la guerre à l'idolâtrie. — Lois de 581 et j8^ contre les sacrifices mêlés de divination. — Cynégius envoyé en Orient pour fermer les temples dans lesquels on y aurait contrevenu. — Violences populaires contre les temples en Orient. — Révolte des païens d'Alexandrie. — -Rescrit de Théodose ordonnant la destruction du Sérapéion. — Temples abattus en Egypte. — IL Lois de 191 interdisant tout culte dans les temples. — Le culte privé. — Les dieux de la maison. — Loi de ^92 interdisant le culte domestique. — Le îararium fermé en même tenrips que les temples.— III. Ce qu'étaient les temples païens. — Le peuple n'y était pas enseigné.— On n'y priait pas. — Beaucoup de temples demeuraient fermés pendant la plus grande partie de l'année. —Théodose les ferme tous, mais n'en ordonne pas la destruction. — Les temples détruits à cette époque Pont été soit illégalement, soit à cause de délits qui y avaient été commis. — Parmi les temples fermés en vertu des lois de Théodose, beaucoup furent rouverts ensuite. — Certains temples étaient plutôt des musées et des lieux de réunion que des sanctuaires. — Le temple d'Adrien à Cyzique. — Rescrit de Théodose permettant de rouvrir le temple d'Édesse. — IV. Usurpation d'Eugène.- Levée de boucliers du parti païen. — Le paganisme restauré à Rome par Nicomaque Flavien. — Détails sur le revival païen de 594. — Défaite de Flavien et d'Eugène.

Voyage de Théodose à Rome. — Lit de justice tenu par

Théodose au sénat.— Vannona des temples supprimée et le paganisme officiellement aboli dans Rome. — Lois relatives à la conservation des temples*

qS théodose.

On voit combien se trompe Gibbon quand il écrit : « Tous les temples du monde romain furent détruits soixante ans après la conversion de Constantin *. » En 382, les temples sont encore debout, ils ne sont pas même fermés.

Le paganisme n'est plus la religion officielle, Tempereur n'en est plus le chef, et les temples ne possèdent plus d'immeubles ; mais les deux cultes sont également libres. Tel est l'état des choses, le jour où Gratien, assassiné,' laisse l'empire du monde à son jeune frère Valentinien II et à l'honnête et intelligent soldat qu'il s'était associé trois ans avant de mourir.

Sous le règne de Théodose (car Valentinîen II, qui eût été digne de régner, n'en eut pas le temps), la cause chrétienne fît un pas considérable. Pour la première fois la religion païenne est proscrite. Elle ne l'est point brusquement et d'un seul coup. Des lois, tirant les conséquences de la législation antérieure, interdisent la divi-

î. Gibbon, History of décline and f ail of Rom, emp.y

ch. XXVIII.

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nation dans les temples, et, par voie indirecte, les sacrifices eux-mêmes, que la divination accompagnait toujours. Puis, à la veille et comme en prévision d'une tentative désespérée du paganisme pour ressaisir le pouvoir et renverser la civilisation chrétienne, une décision plus sévère est rendue; l'entrée même des temples est interdite; le paganisme cesse d'être un culte toléré pai rÉtat.

Nous allons étudier séparément ces deux phases bien distinctes de la politique religieuse de Théodose.

« Si, quelqu'un, dit une première loi, a offert, comme un insensé, comme un sacrilège adonné à l'incertaine recherche de l'avenir, des sacrifices défendus, soit de jour, soit de nuit, et a cru pouvoir faire servir à son usage un temple ou un sanctuaire quelconque, qu'il sache qu'il a encouru un châtiment : Dieu, nous l'en avertissons, doit être honoré par de chastes prières, non par de coupables conjurations*. »

Une autre loi ajoute : « Que nul mortel- n'ait l'audace d'offrir un sacrifice qui, par l'inspection

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