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divins, avaient créé un peuple d'immortels de toutes les couleurs, de toutes les formes, absolument innombrable *. Ces divinités de la chambre nuptiale, de la nursery^ du foyer, de la cuisine, du comptoir ^, sont les ancêtres ou au moins les frères des esprits familiers de nos légendes du Nord : quand on parcourt les pages piquantes où saint Augustin, Tertullien, Arnobe, faisant écho à la raillerie de Pline, s'amusent à nous montrer chacun des petits dieux romains dans l'exercice, souvent assez indiscret, de leurs fonctions ^, on croirait lire un chapitre détaché des contes des frères Grimm. « On ne peut s'empêcher de rire, écrit saint Augustin, en voyant cette troupe de petits dieux occupée aux différents emplois que la fantaisie humaine a partagés entre eux : ils ne représentent pas mal cette multitude de petits