‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 7 sur 167 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

tantîn n'aient point pratiqué la politique religieuse de Louis XIV : tels sont, en réalité, les auteurs d'un lieu commun historique qui s'est formé peu à* peu, que l'on s'est habitué à répéter sans exainen, et que, jusqu^à ce jour, la critique moderne n'a guère essayé de contrôler. Il n'a trouvé, à ma connaissance, d'adversaires sérieux qu'en Italie. Déjà, à la fin du siècle dernier, Carlo Féa, dans les notes jointes par lui à la traduction de VHis^ toire de VArt^ par Winckelmann, revendiquait pour les chrétiens de Rome l'honneur d'avoir conservé intactes, pendant plusieurs siècles, les œuvres d'art qui décoraient leur ville*. De nos jours M. de Rossi a repris avec autorité la même thèse, dans plusieurs dissertations de son -Btt//ef m d'archéologie chrétienne et dans les chapitres de sa Rome souterraine consacrés à l'étude de la catacombe creusée sous le bois des Arvales *. Ce

1. Sulle rovine di Roma, dissertation de Carlo Féa insérée à la fin de la traduction de V Histoire de VArt publiée à Rome, en 178J, par des religieux cisterciens de Saint-Ambroise; t. III, p. 267 et suiv.; cf. t. II, p. 416.

2. Bullettino M archeologia cristiana, 1865, p. 5-8; 1866, p. 55-59,61; 1867, p. 10, 64-66, 68, 69, 76; 1868, p. 25-J2, 48, 52-57.69-75; 1869, p. ij, 14; 1870, p. 164; 1871, p. 52, 1)6, 1)8, 144, 148; 1875, p. 8), 119, 14); Roma Sotterranea, t. III, p. 689-697 (Rome, 1878).

vin INTRODUCTION.

puissant esprit, qui n'a laissé inexplorée aucune^ des parties de Tarchéologie chrétienne, a ouvert, sur le sujet qui nous occupe, comme sur tant d'autres parmi ceux mêmes qu'il n'a traités qu'in»^ cidemment, les plus neuves et les plus vastes perspectives. Pour étudier ce sujet dans son ensemble, il n'y a qu'à creuser la voie dont l'illustre archéologue a, d'une main sûre, posé les principaux jalons. Plus on avance dans ce travail, plus on reconnaît combien il serait injuste de comparer à la conduite des premiers sectateurs de la Réforme ou des vandales de 1 793 celle des chrétiens du IV** siècle, ainsi que le fait M. Baudrillart. Les chrétiens ne furent ni des révoltés comme les uns, ni des révolutionnaires comme les autres : en acquérant, par la conversion de Constantin, la prépondérance politique, ils ne se crurent point obligés de déclarer la guerre à la civilisation romaine, dans laquelle ils étaient nés, et dont ils revendiquaient toutes les gloires avec un patriotique orgueil.

Quand on parcourt les textes législatifs des deux siècles qui ont suivi le triomphe du christianisme, quand on lit les écrivains de cette époque et qu'on étudie l'histoire de ses monu-

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