INTRODUCTION. IX
ments, on est frappé, non-seulement du petit nombre des temples détruits après la conversion de Constantin, mais encore du soin avec lequel les empereurs chrétiens et TÉglise elle-même veillent à la conservation des débris de l'ancien culte, quand ils ont quelque valeur artistique. Sans doute les monuments païens eurent plus d'une fois à souffrir du fanatisme populaire : mais l'Église ne saurait être rendue responsable de ces écarts d'un zèle « intempestif », comme le qualifie un évêque du v* siècle. Quand elle-même, prêta son concours à la destruction de quelque temple, c'est qu'un intérêt d'ordre supérieur lui en faisait une loi. Il arriva quelquefois, en effet, que l'immoralité de certains souvenirs païens, les besoins religieux de certaines populations demeurées plus grossières ou plus fragiles que d'aufres, obligèrent l'Église à faire disparaître des vestiges de l'antiquité qui pouvaient être pour les faibles une occasion de scandale : elle fit toujours passer, quand cela fut nécessaire, l'intérêt des âmes avant celui de l'art, la vérité et la morale avant la beauté : qui oserait lui en faire un reproche ? C'est ainsi que, dans les campagnes, où l'idolâtrie s'était attardée, et régnait encore quand