‹ L'art paien sous les empereurs chrétiensChapitre 81 sur 167 · Godefroy, sur le Code Théod,, XVI, x, 8 {t. V, p · texte numérisé non relu

Godefroy, sur le Code Théod,, XVI, x, 8 {t. V, p

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on rouvrait le promenoir ou le musée. Nous ne savons si Ton agit ainsi pour le temple de Cyzîque ; mais nous voyons, par un rescrit heureusement conservé, que telle fut la mesure adoptée à propos du principal templp d'Édesse, qui était d'une condition toute semblable. Cétait un édifice magnifique, plein d'objets d'art, où les habitants aimaient à se réunir : il était devenu une des promenades les plus fréquentées de la ville. Théodose, sur la demande du préfet de TOsroène, en autorisa la réouverture; les statues qui le décorent seront conservées, dit-il, à cause de leur valeur artistique, non comme objet de culte*. Cette décision se rapporte à une époque antérieure à la loi qui nous occupe ; le temple d'Édesse avait été fermé en exécution de celle de 38 1 .

I. ^dem olim frequentiae dedicatam, cœtui et jam populo quoque communem, in qua simulacra feruntur posita, artis pretio (magisj quant divinitate metienda, jugiter patere, publici consilii auctoritate decernimus... Code Théod., XVI, X, 8. — Je ne puis me refuser ici un rapprochement curieux. Un évêque français visitait Rome au commencement du xii« siècle : il admirait les statues antiques conservées dans cette ville, « qui n'a rien d'égal, encore qu'elle ne soit plus qu'une ruine, »

Par tibi, Roma, nihil, quum sis prope tota ruina;

et il s'écriait, à la vue des beaux débris du paganisme: « Ces dieux ont vraiment des visages vivants. L'on adore encore.

Mais le principe énoncé ici par F empereur en termes si remarquables, dut recevoir plus d'une fois, et même après Sgi, une application semblable; nous verrons, en effet, qu'il chercha toujours à conserver aux villes, non-seulement intacte, mais apparente, leur parure artistique.

Une crise des plus graves vint mettre à l'épreuve les sentiments modérés de Théodose.

L'assassinat de Valentinien II par Arbogaste, la pourpre jetée par ce général sur les épaules du rhéteur Eugène, furent le signal d'une véritable levée de boucliers du parti païen. Il ressaisit en Occident la direction des affaires ; on put croire pendant un instant que le règne de Julien allait recommencer. Eugène était chrétien ; mais les

non leur divinité^ mais le génie des artistes qui les ont créés, »

Vultus adest his numinibus, potiusque coluntur Artifîcum studio quam deitate sua.

(Hildebert, évêque du Mans, De Urbis ruina, 37, j8 ; dans Lemaire, Poetce latini minores, t. IV, p. 209). Cest, sous une autre forme, le mot de Théodose.

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chefs de Taristocratie païenne ne voyaient en lui qu'un fantôme d'empereur, et ils entendaient se servir de son nom pour reprendre Fœuvre qui était venue se briser, trente ans plus tôt, sur un champ de bataille, de la Perse. Le paganisme est bien près de redevenir la religion officielle de la moitié de l'empire. Une sorte de fièvre religieuse s'empare de tous les esprits demeurés fidèles à l'ancien culte. Rome est changée en un vaste temple; pendant plusieurs mois l'encens y fume de tous les côtés, le sang des victimes coule, des processions païennes parcourent les rues, toutes les superstitions antiques sont réveillées. Les biens des temples, restitués par Eugène aux chefs du parti païen *, servent à payer les frais d'une immense démonstration religieuse. Nicomaqi^e Flavien, préfet du prétoire, puis consul, homme versé, dit Sozomène, dans tous les secrets de l'art

I. Non pas aux pontifes, mais aux députés du sénat qui en avaient fait la demande : casuistique singulière, qui laissait à d'autres le soin de faire la restitution qu'Eugène, par un reste de scrupule chrétien, répugnait à faire directement. s. Arabroise, Ep. 57 ; voir Tillemont, Histoire des Empereurs, t- V, p. 571 ; De Broglre, V Église et l'Empire romain au iv» siècle, t. VI, p. 378; Baunard, Histoire de saint Ambroise, p. 542. BQUgnot seul {Histoire de la destruction du paganisme en Occident, 1. 1, p. 437) refuse d'admettre!' ce sens cependant évident de la lettre de saint Ambroise.

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divinatoire*, se fait, en quelque sorte, le maître des cérémonies du vieux culte ressuscité.

Un poëme manuscrit, découvert à la bibliothèque nationale par M. Léopold Delisleen 1867, publié d'abord par lui dans la Bibliothèque de r École des Chartes^ puis, avec des corrections et des notes, par M. Ch. Morel dans la Revue archéologique^ et enfin longuement commenté par M. de Rossi dans son Bulletin d'archéologie chrétienne^ nous fait connaître dans tous ses détails ce curieux revival païen ^. Nicomaque Flavien s'apprête à la lutte contre Théodose: il partage son temps entre les préparatifs stratégiques et les pratiques dévotes. Pendant qu'il fait démolir, autour de Rome, tous les édifices qui eussent pu gêner la défense ^, il multiplie dans rintérieur de la ville non-seulement les cérémonies du paganisme gréco-romain, mais encore les mystères des cultes étrangers, les rites de r Egypte, de la Phrygie, de la Perse. Le paga-

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