I. Marmora tabenti respergine tinaa lavate
O proceres, liceat statuas consistere puras, Artificum magnorum opéra : haec pulcherrima nostrae Ornamenta cluant patriae : nec decoïor usus In vitium versae monimenta coinquînet artis.
Contra Symmachum, I, 302-506.
LE MUSÉE DU PAGANISME. ibj
Hors de Rome, en Afrique, en Orient, mêrr.e en Italie, ,il semble que la peur de la réaction chrétienne ait engagé souvent les prêtres et les adorateurs des faux dieux à en cacher les simulacres. « Ils enfouiront dans les cavernes et dans les fentes des pierres, dit Isaïe, les dieux qu'ils avaient fabriqués de leurs mains, effrayés par la venue du Dieu vivant*! » Saint Augustin rappelle cette prophétie ; elle s'accomplit, dit-il, sous nos yeux. Les chrétiens renversent les idoles, et les païens les cachent^. Ceux qui veulent sacrifier cherchent en quel lieu ils pourront le faire en secret ; ils tiennent leurs dieux enfermés, de peur que les chrétiens ne les découvrent et ne les bri-
1. Et manibus fabricata omnia abscondent in speluncis et insçissuris petrarum, etincavernis terrae afacie timons Domini. Isaïe, II, 19. — La traduction donnée ici par saint Augustin n'est pas tout à fait semblable à celle de la Vulgate.
2. Nunc certe quaerunt ubi se abscondant, cum sacrificare volunt; vel ubi deos suos retrudant (ou recludant), ne a christianis inveniantur atque frangantur. S. Augustin, De consensu Evangelistarum (écrit vers 400), I, 27. — Donec projicerentur a credentibus idola, et a non credentibus absconderentur. Ibid,^ 28. — Vidi quoque ipse in quadam
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sent. Cette panique était exagérée ; nous verrons des évêques défendre aux chrétiens d'entrer dans les propriétés des païens pour y détruire les idoles*. Les magistrats faisaient plus encore; ils agissaient comme on le fait de nos jours; ils entreprenaient de véritables fouilles, afin de rendre à la lumière les œuvres d'art que leurs possesseurs avaient enfouies. Quand ils avaient découvert dans un souterrain, dans les caves d'une maison, dans le grenier d'un temple, une statue ayant une réelle valeur artistique, ils s'en emparaient, et la replaçaient dans les lieux publics, sur les forums, dans les thermes: ad ornatum publicum^ dit une inscription. A Vérone, sous Gratien et Valentinien II, un consulaire de la Vénétie et de l'Istrie fait relever dans le lieu le plus fréquenté du forum une statue qui depuis longtemps déjà gisait abattue dans le Capitole de
parte Mauritaniae provinciae de speleis et cavernis ita antiqua producta simulacra quae fuerant absconsa. De promiss, et prcedic. Dei, III, jS, dans les Œuvres de S. Prosper d'Aquitaine, éd. Lyon, 1559, p. loj. — Plusieurs statues antiques d'un grand prix ont été découvertes dans des cachettes, entre autres la Vénus du Capitole et la Vénus de Milo (voir Frœhner. Notice de la sculpture antique du musée du Louvre, p. 172 (Paris, 1875).