I. S. Augustin, 5ermo 61. — Voir plus bas, ch. IX
LE MUSÉE DU PAGANISME. l59
la ville *. A Bénévent, un consulaire de la Campanie, à la même époque, fait placer dans un endroit public une statue qu'on avait trouvée dans une cachette, m abattis locis^. A Capoue, le gouverneur de la même province fait transporter dans les thermes des statues qu'on avait également tirées exabditis locis^. Aucune inscription constatant de semblables restaurations n'a été découverte à Rome; les violences populaires durent y attaquer rarement les statues païennes. Je connais un seul témoin de violences exercées à Rome contre les antiques représentations des dieux ou des héros ; c'est une caricature découverte par M. de Rossi sur les murailles d'une catacombe de l'ancienne voie Salaria, et représentant deux hommes dont l'un tire par une corde, pour la renverser de son piédestal, une
1. STATUAM IN CAPITOLIO DIV lACENTEM IN CERE- BERRIM0(5/c)F0RI LOCO CONSTITVI IVSSIT. OrelIi,68.
2. STATVAM IN ABDITIS LOGIS REPERTAM AD OR- NATVM PVBLICVM LOCO CELEBERRIMO CONSTITVEN- DAM CVRAVIT. UommsQn, Inscript, regni Neap,, i^i^.— Cf., à Bénévent, EX LOCIS ABDITIS VSVI ATQVE SPLEN- DORI THERMARVM DEDIT. Orelli, 3276.
?. SIGNA TRANSLATA EX ABDITIS LOCIS AD CELE- BRITATEM THERMARVM SEVERIANARVM AVDENTIVS iEMILIANVS V. G. GON. CAMP. CONSTITVITDEDICARI- QVE PRECEPIT. Orelli, 5275.
l6o ROME AU IV® SIÈCLE.
Statue ornée d'emblèmes païens, et dont Tautre se prépare à jeter une pierre au visage de Tidole*. Cette grossière image ne traduit peut-être pas un fait réel, mais le désir du chrétien ignorant qui Ta tracée d'une main inhabile^ ; c'est un curieux souvenir des passions populaires, que la politique des empereurs eut précisément pour but de réprimer.
Il faut donc nous figurer la Rome du rv« siècle entièrement peuplée de statues. La plupart des villes de province l'étaient également. <t Nous voyons encore notre forum au pouvoir des dieux dont nous attendons notre salut, » écrit en 3 90 à saint Augustin un habitant païen de Madaure^. Ausone chantant, vers la même époque, les grandes villes de l'empire, peint Milan « plein de