LA FRISE DES LIONS DU T A L A I S DE SUSE
(Musée du Louvre.)
d’hui dans les musées, ces recherches, très en dehors de notre sens esthétique, peuvent paraître singulières; mais qu’on se souvienne que ce que nous possédons de ces frises n’est qu’un fragment et que, dans l’immensité de leur surface, les reliefs eussent été insensibles, sans ces vigoureux rappels. Et puis, ces tons irréels répondent peut-être à des idées symboliques. En Egypte et en Assyrie, certaines figures divines sont coloriées de bleu, de vert ou de jaune, et les
textes nous apprennent que le fidèle attribuait réellement cette couleur au dieu.
Il en est de même du modelé du fauve.
La figure est remarquablement traitée. Elle a une grâce féline superbe; la tête est magnifique avec sa crinière hérissée, le plissement des lèvres découvrant les crocs, le halètement de la langue et le gonflement du cou. Et, cependant, c’est presque un fleuron que le dessin de l’épaule, une palmette que les saillies du mufle, soulevé par le rugissement.
Les mêmes qualités et les mêmes prédilections s’accusent dans une autre frise de ce même palais de Suse. Là, sur fond bleu vert, les archers de la compagnie des immortels, vêtus de robes blanches ou jaunes semées de fleurons
l’art persan.