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LA FRISE DES ARCHERS D(J PALAIS DE SUSE

(Musée du Louvre.)

ou de losanges, dans lesquels se détachent les créneaux d’une forteresse, sont alignés comme à la parade, la lance haute, l’arc et le carquois à l’épaule, les pieds chaussés de brodequins et les poignets cerclés de bracelets d’or. Chaque figure est formée de la réunion de cinquante briques estampées sur le plat de signes qui permettaient à l’ouvrier de reconnaître la place de chacune au moment de l’ajustage. Sur le devant de la robe, un écu se détache en nuance vive, et, sur ce fond, le chiffre de la garde royale. Le contraste ou l’harmonie des tons est ménagé avec une entente parfaite de la polychromie. Ici, point d’ondulations cherchées dans la retombée des draperies. Elles eussent compromis le jeu du coloris, et souvent le dessin des broderies et des galons. Tout au plus, quelques stries légères indiquent le mouvement de la robe tirant sur la jambe; et, encore, cet effet n’est-il point rendu lorsque le fond de la robe est blanc. Seuls, dans les parties unies des manches, des plis profonds s’accusent et se dessinent largement.

Une telle décoration devait forcément préférer aux figures animées la composition ornementale, les setnis de fleurs, les feuillages se superposant, s’enlaçant, s’enchâssant sur tout le champ d’un soubassement ou d’une main courante d’escalier, les assemblages géométriques, tout ce qui enfin a une expression absolue et peut se plier à l’interprétation des sentiments les plus vagues et les plus flottants. Aussi les lions ou les archers ne sont-ils que des frises servant de bordure à d’immenses panneaux de tapisserie géométrale, et, le plus souvent même, la partie principale de cette bordure n’est-elle qu’un engencement de motifs ornementaux :

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