LES ACHÉMÉNIDES
I. — Les Origines de l’art perse ; l’Elarn avant l’invasion des races aryennes.
Quand l’Elamite apparaît dans l’histoire comme prédécesseur immédiat du Mède, sa théologie a déjà subi de profondes modifications. Empruntée à celle
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de la Chaldée, elle a passé par diverses métamorphoses; diverses idées étrangères s’y sont insinuées; mais, pourtant, elle n’en reste pas moins spiritualiste et dominée par la terreur de l’infini.
En tête du panthéon se dressent les personnifications des forces dissolvantes de la nature. Moullilla, le dieu de l’abîme, et son double féminin, Ninlilla, reçoivent, au sortir de la vie, les âmes des morts. La région où ils trônent est « le lieu des ténèbres d’ou l’on ne revient pas, la demeure ou l’on entre sans sortir jamais, la demeure où l’on s’enfonce toujours plus avant, la prison, le lieu où l’on n’a que la poussière et la boue pour aliments, ou jamais on ne reverra la lumière, ou les ombres emplissent la voûte comme les chauves-souris ». Il n’y a ni récompense pour le juste, ni châtiment pour le coupable, mais seulement une source de vie gardée par des génies qui peuvent en permettre l’accès à l’âme, puis la renvoyer sur terre animer un corps nouveau.
Tout un état-major de démons, échappés à cet enfer, s’acharne à la destruction du monde. Les armées de génies pervers qu’ils commandent sont toujours en campagne et le plus souvent triomphent, en dépit de la science des prêtres et de leurs incantations. Ishtar, qui s’était glissée dans cette religion , lui était étrangère, ainsi que Ramanou, Beltit et Mardouk. Divinités primitives des Sémites, elles ne s’y étaient incorporées qu’à mesure que s’était faite la fusion des deux races. L’Elam n’y avait apporté que son dieu mystérieux, Nakhounté, dont la statue inaccessible aux profanes était cachée dans le bois sacré de Suse; et ce que nous