‹ L'art persanChapitre 29 sur 98 · IV. — La Sculpture · texte numérisé non relu

IV. — La Sculpture

Les sculptures partîtes sont peu nombreuses; elles n’ont, d’ailleurs, qu’un médiocre intérêt. Le sculpteur indigène ne parvient pas à acquérir une instruction artistique suffisante pour ne suivre que sa pensée; sa facture reste gauche, barbare, primitive; il est hanté d’idées obscures qu’il ne peut rendre; l’imitation lui répugne; entre ses mains, la plastique s’altère et se déprime; d’autre part, le renom des œuvres grecques

l’attire; il en veut copier les modèles et n’aboutit qu’à

de grossières ébauches, qui souvent tournent au grotesque. Tel est le cas pour un sarcophage de Warka.

Ce cercueil consiste en une cuve monolithe, rappelant vaguement la forme de la momie, enveloppée de ses suaires. Sa partie supérieure est évidée, de manière que le corps pût être introduit par une étroite ouverture, qu’un couvercle ovale ferme, et sa surface, ainsi que celle de ce dernier, est partagée en cloisons régulières, que remplit une figure humaine, si sommairement dessinée, qu’on dirait l’image de quelque fétiche d’une tribu sauvage, plus qu’une sculpture d’un peuple qui sut vaincre les Romains. Une pareille silhouette n’a rien qui la rattache à l’art; ce qu’elle a d’informe n’est point compenséparun symbolisme. Ce n’est plus, comme en Egypte ou en Arabie, une image

Page 1