III. — Les premiers thèmes de l’art perse
Les édifices de la période de formation ont tous disparu, et tout au plus les auteurs grecs qui nous les ont décrits nous ont-ils laissé quelques renseignements sur leur décor et leur structure; c’était là autant de
l’art persan.
bonnes raisons pour que chacun s’ingéniât à les reconstituer. Selon les uns, le style de ces premiers monuments aurait été grécisant et emprunté en partie à l’Ionie; selon les autres, il dériverait des types consacrés de l’art babylonien et ninivite ; selon une troisième école enfin, l’architecture en plate-bande des palais de Darius et de Xerxès n’était qu’un art factice, né du caprice des grands rois et non une tradition nationale; elle n’incarnait que leur fantaisie, et, à côté de cette architecture officielle, une autre architecture, basée sur l’emploi de la voûte, représentait celle de l’époque achéménide et peut-être même des premiers Mèdes.
Et les prétextes les plus spécieux d’abonder à l’appui de l’une ou l’autre de ces théories : improvisation de la civilisation mède ; ignorance artistique des Aryens; nécessité où ils se trouvaient de se créer un art avec des éléments déjà épurés, et qu’ils n’eussent qu’à assembler selon leurs préférences; matériaux imposés par la nature d’un sol ou la pierre est tantôt rare, tantôt abondante, mais ou les montagnes sont partout dépourvues de forêts.
A étudier l’architecture des premiers monuments achéménides, on reconnaît bien vite qu’ils n’ont rien de commun avec les formules de l’Hellade. Seuls, les Parthes tentèrent d’introduire dans leurs constructions certains thèmes familiers au répertoire de la Grande Grèce; mais la réaction violente qui se produisit à la chute de leur dynastie éphémère, l’empressement que montrèrent les Sassanides à retourner vers un art indépendant qui personnifiât leurs aspirations natives,