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IV. — Les Mosquées-Cathédrales

Là se borna jusqu’à la Renaissance le rôle de la voûte dans l’architecture persane. A l’étudier de près, l’influence sassanide devient douteuse et l’action des Tartares et des Mongols se fait au contraire sensible, mais sans toutefois absorber l’art arabe et entraver l’élan de l’Islam. La forme cylindrique des minarets, la structure des dômes jetés sur le sanctuaire, l’absence de toute polygonie dans le décor se précisent comme autant de caractères indigènes, mais ne changent pas sensiblement l’aspect général de l’édifice. L’analyse de la philosophie de ces formules peut seule dire ce que ces dissemblances ont de profond.

Si puissante qu’ait été cette architecture, pas une mosquée ne s’élève en Perse, pendant tout le cours du xme siècle, dont on puisse comparer les proportions à celles de cette majestueuse mosquée du sultan Hassan R

1. Construite au Caire par le sultan Hassan vers la fin du règne des Baharites (xiv° siècle).

ou le berceau du sanctuaire et la coupole de la tombe atteignent à une grandeur et à une beauté si parfaites. La mosquée de Tebriz, que toujours on cite, n’est à côté d’elle qu’une chapelle; son décor comparé au sien qu’une parure brillante, qu’aucun lien logique ne rattache au monument.

L’emploi de la voûte ainsi limité, l’architecture en plate-bande des premiers monuments se développe. On a vu, d’après les historiens, ce qu’étaient les mosquées khalifales, saffarides et da'ilamites. Sous les Ghaznévides, les Seldjoukides, les Ilkhaaniens, les Djenghiskhanides et les Timourides, elles s’agrandissent et s’embellissent au point de pouvoir rivaliser avec les monuments arabes les plus fameux.

Nassiri-Khosraou, qui, au xte siècle, vit et le règne de Mahmoud le Ghaznévide et celui de Thoghroul, parle en ces termes de la mosquée d’Amid, ville du Diar-Békir, qu’il proclame la plus belle de tout l’Islam.

« La grande mosquée est bâtie en pierres noires. Il n’existe pas d’édifice qui puisse lui être comparé, ni avoir été construit avec plus de régularité et de solidité. A l’intérieur s’élèvent plus de deux cents colonnes monolithes soutenant le monument. Elles supportent des arcades en pierre, au-dessus desquelles on a dressé d’autres colonnes plus courtes que celles de l’étage inférieur et qui sont également surmontées par des arceaux. Toutes les poutres sont sculptées, coloriées, dorées et vernissées. Dans la cour est une grande pierre sur laquelle on a placé un très grand bassin de forme ronde; il s’élève à la hauteur de la taille d’un homme et sa circonférence est de deux gue\. Au milieu du

bassin jaillit une eau limpide et tout est disposé de façon qu’on ne voit ni par où cette eau arrive, ni par où elle s’écoule. Il y a également un local pour les

ablutions. Il est si bien construit qu’on ne peut rien faire de plus beau. »

Pas la moindre mention de dôme dans tout ce récit. On croirait lire la description de Ghama-el-Azhar, cette Mosquée Fleurie du Caire, que visita également Nassiri-Khosraou ; et là encore, quelque prévenu qu’on soit en faveur de l’influence sassanide, il faut bien reconnaître qu’elle n’a pas mis son sceau sur le sanc-

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