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tuaire d’El-Moezz. L’Égypte avec les Fatimites était cependant ralliée aux doctrines chaffeïtes et chiites, et le Caire avait reçu une garde recrutée au Daïlam. Or El-Azhar n’a ni coupole ni voûte et tout au plus peut-on signaler comme persane la courbure cissoïde de ses arceaux.
La vieille mosquée djouma d’Isphan est restée l’unique spécimen du développement progressif de cette architecture persévérante. Sa fondation date du règne du khalife abbasside El-Mansour et se place vers 755 de notre ère. Une chapelle souterraine et le sanctuaire paraissent seuls remonter jusque-là. Agrandie sous Mélek-Chah, prince seldjoukide, elle fut réparée par Chah-Tamasp et Chah-Abbas, princes séfis. Néanmoins, dans son ensemble, on doit la considérer comme antérieure à la Renaissance. Le sanctuaire consiste en un espace carré de 14 mètres de côté, recouvert d'une coupole que flanquent deux minarets. Cet espace est ménagé au centre du maksourah , vaste hypostyle qui compte cent quarante piliers ou colonnes. Quatre massifs de maçonnerie enveloppés de colonnettes angulaires engagées reçoivent la retombée du dôme, tandis qu’audevant de ce sanctuaire s’ouvre un large portail. Cette disposition est le trait essentiel de la mosquée persane, celui qui lui donne sa physionomie propre et la sépare de la mosquée arabe. Point de sanctuaire que ne précède ce porche sur plan carré ou rectangulaire, avec demi-coupole ogive, quelquefois en stalactites, le plus souvent appliquée à deux trompes angulaires, tandis qu'un troisième arc allège le centre du mur de fond et permet de l’évider. En façade, cette baie s’entoure d’un
cadre dont les larges montants supportent une frise d’inscription. Sa hauteur est égale à la hauteur entière de l’édifice. Le plus souvent, ce portail se répète aux deux extrémités de l’axe transversal de la cour, précédant une salle à coupole avec mirhab latéral. Ala mosquée djouma d’Isphan, les deux porches latéraux sont plus petits que celui du maksourah.
Le liwan postérieur, plus profond que les deux autres portiques, présente sur son axe une vaste nef faisant face au vestibule principal.
Sur la cour, son
architecture en est aussi la réplique. Au centre du salin, qui ne mesure pas moins de 65 mètres sur 55, est la fontaine des ablutions. Chacun des quatre por-
MOSQ.UÉF. djouma d’isphan. (Portail.)
tiques est soutenu par de gros piliers quadrangulaires où s’appuie une double rangée d’arcades ogives. Le rez-de-chaussée est affecté au culte, mais la mosquée étant collégiale, au-dessus des liivans régnent les salles d’étude d’une faculté de théologie et les logements des élèves et des professeurs.
Cette architecture hardie se rehausse de l’éclat d’une parure incomparable. Du sol au faîte du portail et jusqu’au sommet des minarets et du dôme court un revêtement de faïences aux couleurs tour à tour douces et intenses, où le bleu profond prévaut, avivé de rappels jaunes si brillants qu'on les croirait vernissés. C’est une éclosion de fleurs lilacées, rosées, dorées ; un enchevêtrement de feuillages vert pâle, de zigzags noirs et blancs; un assemblage de fleurons garancés ou argentés, où les chatoiements des tons amortis exaltent la fanfare des gammes triomphantes et où des bordures amples et simples détachent les grandes masses, mettant chaque valeur à sa place et lui ménageant son effet.
Au résumé, les caractères distinctifs de la mosquéecathédrale persane se réduisent aux quatre dispositions suivantes. Le sanctuaire est couvert d’une coupole, un portail monumental le précède, voûté en ogive et présentant en façade un immense parement rectangulaire; les minarets sont circulaires et flanquent le dôme; enfin, du soubassement au faite, la mosquée est tout entière plaquée de faïences formant lambris.
Ce type de la mosquée-cathédrale se maintint jusqu’à l’avènement des Séfis. Le grand mouvement de renaissance, qui alors se produisit, changea-t-il beaucoup de choses? Tant s’en faut, et l’examen des monu-
ments datés du règne de Chah-Abbas peut servir à démontrer qu’en dépit des invasions et des dominations étrangères, l’art persan a suivi pas à pas les étapes d’une lente transformation dont cette renaissance a été la dernière, mais que rien n’interrompit jamais.