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Flandin et Pascal Goste : la Perse moderne

corniche en encorbellement. Le portail franchi, on arrive à un vestibule de i3m,5o de large sur 7 de profondeur, qu’une coupole surmonte et que deux larges

mosquée royale d'isphan. (Le sanctuaire.)

corridors mettent en communication avec la cour. En plan, la disposition adoptée pour ce vestibule par l’architecte est des plus habiles. Avec un tact consommé, il tire parti de l’alignement du portique du Meïdan, afin

de changer d’axe et d’orienter le sanctuaire sur la Mekke. Il en résulte une nef à pans coupés, très gracieuse d’aspect, faisant face au vestibule du mirhab. De la sorte, la carrure se trouve intégralement rétablie ; tout au plus quelques angles de murs empiètent-ils à droite de l’entrée sous le portique, mais les boutiques installées dans chacune des travées de celui-ci dissimulent ces saillies qui ne sont visibles qu’en plan.

Ainsi ramenée à l’orientation canonique, la cour de la mosquée s’étend sur67m,5o de profondeur et 52m,5o de large. Au centre, est le grand bassin des ablutions, enfermé dans un pavillon. Le sanctuaire, plus encore que dans les monuments des siècles précédents, se détache de l’ensemble du maksourah. C’est une salle carrée de 2im,5o de côté, dont la coupole est portée par quatre trompes s’appuyant à des pendentifs et surélevée par un tambour octogone que rien ne rachète à sa circonférence. L’intrados de la voussure se trouve à 3p mètres du sol. Au-dessus de cette première coupole, une seconde, beaucoup plus élancée que la première, se superpose, qui, reliée à celle-ci par des assemblages de charpente, constitue le dôme apparent, alors que la première, invisible du dehors, appartient à l’architecture de l’intérieur. Le sommet de cette seconde coupole se trouve à i2m,5o de celui de la première, à 49m,5o au-dessus du sol. Enfin, un croissant de bronze de 4m,5o, posé sur le tout, porte la hauteur totale à 54 mètres.

Un portail précède ce sanctuaire, plus grandiose encore que celui qui s’élève sur le Me'idan. Sa largeur est de i7m,5o, sa profondeur de i3 mètres; le sommet

de sa demi-coupole ogive est à 28 mètres du dallage et le parement qui l’entoure a 27 mètres de large sur 33 de haut. Le système de raccord des surfaces courbes aux surfaces planes est celui de la trompe unie aux pendentifs, employé déjà à la porte du Me'idan. Aux deux angles sont cantonnés deux minarets cylindriques de 48 mètres de haut.

Enfin, à droite et à gauche du sanctuaire règne une galerie de 38 mètres de long sur 19 de large, dont les voûtes sont refendues par une rangée de piliers.

Les trois autres façades sur la cour ont une disposition analogue. Sur axe, une grande arcade

dont la voussure s’encadre de faïence et dont le style reste identique à celui du portail principal. A l’est et à

MOSQUÉE ROYALE d’iSPHAN, (Le portail du sanctuaire.)

l’ouest, ce porche est le vestibule d’une chapelle à double dôme; le reste du portique se partage en deux étages d’arcades en haut desquelles règne une large

frise d’inscriptions.

Tel fut, au point de vue architectural, l’ensemble du premier grand édifice persan reposant tout entier sur l’emploi de la voûte. Sa construction, très postérieure à celle des mosquées voûtées du Caire, est peut-être plus que la leur savante. C’est qu’aussi le khalifat s’est écroulé; l’art arabe a quelque temps vécu sur son passé et s’est éteint graduellement; le centre artistique de l'Orient s’est déplacé, et la Perse a pris le rang que les sultans baharites et bordjites d’Egypte ont cessé d’occuper.

Sous les Séfis, germe alors toute une moisson de mosquées polychromes, dont la structure reste celle du sanctuaire de Chah-Abbas. Les Séfis disparus, cette brillante architecture disparaît aussi sans laisser de traces. Au commencement de notre siècle, Feth-Ali-Chah a pu se bâtir des palais dont le style rivalise avec celui des plus fameux édifices; mais ce n’est là qu’une copie

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