‹ L'art persanChapitre 56 sur 98 · MOSQUEE ROYALE · texte numérisé non relu

MOSQUEE ROYALE

d’isphan. (Les minarets.)

de copie; l’arl persan était mort depuis longtemps.

Et maintenant, s’il faut en quelques mots résumer ce que fut l’architecture persane, force est de recon-

M03Q.UÉE royale d’isphan. (Tympan et voussure du portail.)

naître qu’aucun lien ne la rattache à la Perse antique et qu’elle ne fut jamais qu’un reflet d’un art étranger. Elle demande ses premiers linéaments à l’architecture khalifale, aux mosquées du Caire et de Baghdad; les Tartares les remanient au gré de leurs affinités; ils leur impriment le caractère d’aspiration qui est

celui de leur race; la coupole se fait aiguë et se surélève; mais ils n’ont pas cet esprit méditatif et contemplatif de l’Egypte, ou l’élan de l’âme revêt des formes si pures et si délicates; et leurs coupoles, au lieu de pyramider sur le monument, se posent rudement sur un tambour, dont rien n’amortit le raccord. Houlakou appelle en Perse des ouvriers chinois, et une fois encore l’architecture se modifie. Moins rude que la rêverie tartare,la rêverie mongole veut des horizons riants et heureux. Pour se conformer à ce sentiment, la mosquée persane devient une véritable construction chinoise; les dômes ont des courbures qui rappellent celles des pagodes; la faïence envahit les surfaces, et la tradition de l’Islam disparaît. La Renaissance n’est que l’apogée de ce style; elle a produit de beaux monuments, mais ils sont restés étrangers à l’esthétique, née de la loi du Prophète; à la chute des Séfis commence la décadence, puis la période moderne, qui n’a rien de commun avec l’art.

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