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VIII. — L' Architecture civile

L’un des principaux monuments de cette architecture civile, le collège de sultan Hosseïn, date de la fin du règne des Séfis. La pureté de ses faïences le classe parmi les plus belles œuvres de la Renaissance; ses proportions et l’habileté de sa distribution en font l’un des mieux ordonnés.

L’ensemble du plan rappelle celui de la mosquée; au centre est une cour carrée de 62 mètres de côté, bordée de portiques à deux étages; une haute arcade s’ouvre sur le milieu de chacun, devançant une salle à coupole, et, au dehors, le monument s’annonce par un large portail. Cette façade a 96 mètres de front, les façades latérales 68; des salles octogones se répartissent aux quatre angles; des salles rectangulaires, le long de corridors refendant les portiques de l’un à l’autre bout. En élévation, les arcades se cintrent en ogives; les vestibules et les salles se couvrent de dômes. L’un

de ces derniers a son sommet à 27 mètres du sol; l’extrados de sa voûte externe à 34™, 70. Enfin, sur les quatre côtés de la cour, chaque arcade a une voussure et une arrière-voussure cissoïde, tapissée de faïence, de même que dans les monuments religieux. Tel qu’il

existe, ce collège peut, sans changement aucun, être consacré au culte. Les cellules alignées sous les portiques deviendront celles des étudiants en théologie ; la cour sera le salin; la salle du dôme, le sanctuaire; les trois autres constitueront les trois liwans.

C’est par là que pèche l’architecture de la Perse; elle n’a pas de caractère, le sentiment de l’infini lui manque; elle est à l’art de l’Islam ce qu’est le byzantin à l’art de la chrétienté.

Une seule sensation y palpite, l’amour du bienêtre de la vie oisive et facile. Lorsqu’il s’agit de bâtir des pavillons tels que le pavillon des miroirs ou le tchehel soutoun, — le pavillon des quarante colonnes, — l’artiste fait preuve de qualités maîtresses; il possède au suprême degré le talent des jolies combinaisons de lignes et de couleurs. Le tchehel soutoun, que Chardin

avait vu construire sous Chah-Abbas, et qui, incendié sous sultan Hossein, fut reconstruit par celui-ci, a un portique à triple rang de six colonnes octogones,

collège de sultan hosseïn. (Coupe du sanctuaire.)

en bois de cyprès, que surmonte un entablement avec corniche en stalactites. Des glaces recouvrent entièrement les colonnes, dont les bases sont de marbre blanc; des sculptures d’une grande finesse brodent les

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