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IV. — L’Architecture funéraire et religieuse

Si la lettre du dogme mazdéique voulait que le corps fût livré aux carnassiers, exposé dans un lieu isolé, ainsi que le sont encore aujourd’hui les cadavres des derniers Guèbres, dans ces tours que l’on voit aux Indes, bâties sur des collines, il ne pouvait en être ainsi lorsqu’il s’agissait du roi, dont la puissance constituait une délégation divine, et qui était en quelque sorte l’intermédiaire direct entre l’homme et le dieu. Aussi, tandis qu’aucune tombe privée ne nous est connue, quelques ruines disséminées dans les buttes de décombres où l’on croit reconnaître Pasargade,la Ville Sainte, et quelques hypogées creusés dans la montagne qui domine Persépoiis, furent les tombeaux de la famille d’Achéménès. L’un est celui de Darius, les inscriptions ne laissent à ce sujet place à aucune controverse; les autres ne nous ont pas gardé le nom du souverain.

A Pasargade, la tombe construite précéda l’hypogée; et dans ces deux types d’architecture funéraire, on s’est appliqué à retrouver l’influence qui tour à tour se serait partagé le premier siècle de l’ère perse, celle de la Lydie et celle de l’Egypte.

Pour ce qui est de l’Egypte, cette influence est manifeste. Mais entre les monuments lydiens et les monuments perses, des divergences profondes existent, qui permettent peu un rapprochement. Que le sculpteur se soit emparé de certains ornements lydiens,

peut-être. Sous le règne de Cyrus, la Lydie arrive au faîte de sa splendeur, et Gygès est en passe de devenir pour l’Hellade un héros de roman. Toutefois, cet éclat fut de courte durée, et Crésus défait, elle disparut pour toujours. L’influence de Babylone est plus visible, la mise à contribution de son art plus manifeste. Elle touche à la décadence; mais sous le règne de Naboupaloussour, généralissime d’Ashshourédililani, révolté contre son maître et allié des Mèdes contre les Scythes, une renaissance se produit dans la vieille capitale que le transfuge-roi rebâtit magnifiquement. Au centre de la nouvelle ville, proclamée par les historiens la plus belle du monde, la tour gigantesque de Bel dresse ses sept étages, portant une statue en or massif du dieu, haute de soixante pieds. Le palais royal, achevé en cinquante jours, a des jardins suspendus; et la ville de Borsip, relevée de ses ruines, des remparts flanqués déportés de bronze « si épaisses, que deux chars pouvaient passer de front sur leur couronnement ». Le rapprochement comparatif des plus vieux ornements perses et des motifs assyriens de cette époque tend à établir que c’est bien plutôt à ces monuments que les constructeurs au service de Cyrus demandèrent leurs modèles, et que les types lydiens, qui les répètent, leur ont été eux-mêmes demandés.

Une disposition toute spéciale est commune aux sépultures des premiers rois perses. Les voyageurs grecs qui les visitèrent nous les montrent peu élevées et environnées de jardins, dont l'ombre les enveloppait de toutes parts. Strabon raconte qu’Aristobule fut chargé par Alexandre de réparer la tombe de Cyrus, et

nous représente celle-ci comme une tour de médiocres dimensions, pleine et massive à la base, avec un caveau dont l’entrée était si étroite, qu’il fallait se courber pour y pénétrer.

Dans cette chambre funéraire, Aristobule avait vu un lit d’or, une table chargée de vases pour les libations, un cercueil d’or et des vêtements constellés de joyaux. D’après cette description, on a cru reconnaître le tombeau du fondateur de la monarchie achéménide, dans un monument composé d’un soubassement divisé en six gradins posés en retrait, de façon à décrire de larges marches, que surmonte une petite chapelle couverte d’un toit à double pente. La porte est très basse (om,78 de large sur 1 m, 3 5 de haut), et l’exiguïté du caveau répond bien à la définition de Strabon. Aucune inscription, aucune sculpture, mais un portique régnant sur trois côtés, dont il ne reste que quelques bases de colonnes, et que peut-être environnait jadis un second enclos. Ce monument n’a rien du style perse; aucune réplique ne nous en est fournie par les autres tombes. Deux sont à Pasargade, une troisième à Persépolis. Leur masse générale accuse la forme d’une pyramide quadrangulaire tronquée, couronnée

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