PAR H ASS AD-OULLAH-ECH-CHIRAZI
Bibliothèque khédiviale du Caire.)
figures, dessinées dans un style sensuel et aimable, ont la tonalité rose des Fragonard; les turbans, couronnés d’aigrettes, semblent à première vue des perruques
poudrées et les étoffes brochées des robes ont le chatoiement soyeux des brocarts. Ce qui classe cette peinture est que l’artiste, malgré son parti pris évident, se montre très attentif aux fonds et modèle les chairs avec une habileté dont n’a jamais fait preuve l’école précédente.
Mirza-Khoudjouk, — Mirza le Jeune, — d’isphan, raffine toutes ces tendances. Il a une touche coquette, un tour de main merveilleux. Son esquisse du par h a s s a d - o u ll a h- ec h -ch i r a zi. portrait de Moham- (Bibiîothèque khédiviale du Caire.) med-Khan de Samarcande diffère peu d’une estampe chinoise, mais a sur celle-ci cette supériorité d’avoir saisi son modèle dans une pose naturelle pleine de laisser-aller.
Bien d’autres seraient à signaler dans cette nomenclature rapide des peintres des grâces persanes, qui,
comme Pahloul-Cachemyry et Roustoum-Dastan ou Oualy-Cably, nous donnent l’illusion d’une pastorale orientale jouée dans un décor des Mille et une Nuits. Au reste, quels que soient les courants qui tour à tour influencent ces artistes si primesautiers, un fond d’enseignement et d’affinités innées, perce en eux :
l’élément mongol.
Alors même que les réminiscences occidentales se font jour dans leur manière, que l’aspiration des primitifs ou le caprice élégant de l’école Watteau s’y accuse, des formes chinoises sans cesse reviennent sous leur pinceau. Ce sont des Mongols que toujours Bahzadé met en scène, et deux de ses
principaux tableaux ont pour sujet les fêtes du mariage de la fille d’un empereur chinois avec un souverain persan. Les architectures qui leur servent de cadre sont des kiosques de la plus minutieuse exactitude. Mani était Indien ou peut-être même Chinois. En tout cas, ce sont des Chinois que souvent il nous montre.
PORTRAIT