‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 102 sur 150 · Poés., p. 21, Rondeau · texte numérisé non relu

Poés., p. 21, Rondeau

"... Chacun sait que vous méprisez l'or.

" J'en fais grand cas ; aussi fait sire Pierre

" Et sire Paul, enfin toute la terre:

" Toute la terre a peut-être raison.

" Si je savais quelcjue bonne oraison

" Pour en avoir, tant que la paix se fasse,

" Je la dirais de la meilleure grâce » •

" Que j'en dis onc ; grande stérilité

" Sur le Parnasse en a toujours été ('). "

Combien d'autres nourrissons des Neuf-Sœurs chantaient alors le même refrain, tout en gravissant les pentes de ce Mont, où l'on fait des vers et des dettes !

" Mais quoi ! dans la disette une muse affamée " Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée ;

Dans le merveilleux Etat et Empire de la Lune, Cyrano avait découvert deux choses très merveilleuses; la première, qu'on y subsiste de fitmée ; la seconde, que la monnaie courante du pays ce sont des vers. Il le dit, puis il se livre à des réflexions bien tristes sur notre pauvre planète et sur les pauvres poètes de France. Après un déjeuner, le guide de Cyrano paie l'aubergiste lunaire du menu billon desix vers. " Comment des vers ! dit Cyrano à son guide. Les taverniers sont donc ici curieux de rimes ? C'est, me dit-il, la monnaie du pays; et la dépense que nous devons faire céans s'est trouvée monter à un sixain, que je viens de lui donner. Je ne craignais pas de demeurer court ; car, quand nous ferions ici ripaille pendant huit jours, nous ne saurions dépenser un Sonnet; et j'en ai quatre sur moi, avec deux Epigrammes, deux Odes et une Eglogue. — Et plût à Dieu, lui dis-je, que cela fût de même en notre monde! J'y connais beaucoup d'honnêtes poètes qui meurent de

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