‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 127 sur 150 · V. P. Cahour, notes de l'A. P.— l. Od., L. IV · texte numérisé non relu

V. P. Cahour, notes de l'A. P.— l. Od., L. IV

en courant (') ; d'autres lettrés vont jusqu'à lui attribuer plusieurs conquêtes par jour :

** Des desseins, que jamais on n'aurait pressentis, " Ont fait naître, en tmjour, deux conquêtes nouvelles, " Sous qui le Pô, le Rhin, jusqu'au sein de Thétis, " Tremblants et désormais fidèles, " Roulent leurs flots assujettis (^). "

Bussy-Rabutin se livrait à ce calcul ingénieux :

" Il (Le Roi) prit^« un jour la Lorraine ; " La Bourgogne en une semaine ; " La Hollande eti un mois, malgré le Castillan ; " Que ne prendra-t-il en un an i "

Corneille célébra en vers latins et en vers français la grandeur et la rapidité des triomphes du Roi en Hollande ; citons une des strophes françaises :

" Tes victoires, grand Roi, si pleines et si promptes. " N'ont rien qui me surprenne en leur rapide cours, " Ni tout ce vaste effroi des peuples que tu domptes, " Qui t'ouvre plus de murs que tu n'y perds de jours (3). "

Le même Corneille chanta aussi la course victorieuse de l'armée royale à travers la Franche-Comté :

" Quelle rapidité de conquête en conquête,

" En dépit des hivers, guide tes étendards !

" Et quel dieu dans tes yeux tient cette foudre prête,

" Qui fait tomber les murs d'un seul de tes regards !

" A peine tu parais, qu'une Province entière

" Rend hommage à tes lis et justice à tes droits ;

" Et ta course en sept jours achève une carrière,

" Que l'on verrait coûter un siècle à d'autres Rois ('^). "

1. Fléchier, parlant de la guerre de 1672, use d'une hyperbole plus forte, et qui sent trop son bel esprit : " Notre héros... exposa son sang " dans une guerre,... où la Victoire avait peine à suivre la rapidité du " vainqueur. "

2. Fontenelle ; Trad. de VOc/e du P. Commire : Régi pro recupcfaia valetudijie.

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